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« Transformer la gifle en caresse »

20h15 - 07 mars 2023 - par Info Haute-Vienne
« Transformer la gifle en caresse »
Les élus ont pu apprécier le projet en 3D

Quatre quartiers de Limoges ont commencé à se transformer dans le cadre d'un programme national de renouvellement urbain. Le projet vise à leur redonner de l'attractivité en améliorant l'habitat et les conditions de vie des résidents.

Dans le quartier du Val de l'Aurence sud, les engins de démolition ont commencé à « grignoter » les immeubles qui barraient l'ouverture sur le reste de la ville.

« Il s'agit d'un ambitieux programme de rénovation de ces quartiers qui doivent être totalement désenclavés mais aussi beaucoup mieux accessibles aux forces de sécurité », lance Emile Roger Lombertie, le maire de Limoges, avant d'annoncer que la Ville va investir 15 millions d'euros pour rénover les groupes scolaires du quartier. Ce grand chantier n'aurait jamais pu prendre une telle ampleur sans l'aide de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), dont la présidente Catherine Vautrin, a tenu à assister aux premières démolitions réalisées dans ce quartier situé à l'entrée ouest de la ville.

Le choix de Limoges n'est pas anodin, car même si la cité est reconnue pour sa qualité de vie, elle possède deux des dix quartiers les plus pauvres de la Nouvelle-Aquitaine. Les 300 millions d'euros mobilisés pour transformer ces quatre quartiers vont permettre d'améliorer globalement le cadre de vie des habitants, qui ont été associés aux divers projets. En effet, dès le début de ce vaste programme de renouvellement urbain, la volonté de ses promoteurs a été de les accompagner dans cette phase émotionnellement chargée. Ils ont tous reçu une aide pour le déménagement et les changements d'abonnement. Mais, pour certains, le déchirement est plus intense, car la moitié seulement des habitants du Val de l'Aurence sud sera relogée dans le quartier.

496 LOGEMENTS DÉMOLIS

La présidente de l'ANRU a d'ailleurs souhaité rendre hommage à ces familles qui assistent à la disparition de bâtiments dans lesquels ils ont écrit une large partie de leur histoire : « Nos équipes sont toujours particulièrement préoccupées par la manière dont ces opérations de rénovation urbaine sont mises en place, car lorsqu'on touche au logement, on détruit le nid familial. Nous devons donc transformer la gifle en caresse ».

L'un des aménagements consiste à créer des unités de vie à taille humaine, dans lesquelles les limites des espaces privés et publics sont clairement identifiées. L'urbanisation permettra de faciliter l'accessibilité aux autres quartiers de la ville, mais également aux nombreux espaces verts qu'elle possède, ainsi qu'à ceux situés à deux pas les immeubles. « Si on veut réussir cette opération de mixité sociale en attirant de nouveaux habitants dans ces quartiers, il faut être capable de leur assurer la qualité de vie promise, qui passe notamment par la garantie de sécurité, mais également en étoffant l'offre des services d'accompagnement scolaire, sportif ou associatif », insiste Catherine Vautrin.

Catherine Mauguien-Sicard, présidente de Limoges habitat, a rappelé que l'ensemble des travaux devra être achevé d'ici dix ans. « L'aide de l'ANRU va nettement accélérer la réhabilitation de ces logements sociaux qui ont longtemps été abandonnés. Les premiers chantiers de résidentialisation débutés en 2015, avec un investissement moyen de 50 000 € par logement, démontrent que la démarche est réussie puisque les abords sont bien mieux respectés qu'avant », ajoute-t-elle.

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