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François Lafabrié : "Ouvrir le musée des Beaux-Arts au plus grand nombre"

09h55 - 27 octobre 2021
François Lafabrié :
« Faire intervenir des artistes des arts vivants, qui travaillent en lien avec les collections, à partir des oeuvres ou des espaces du musée » - © Thierry Laporte/Ville de Limoges

Succédant à Anne Liénard, François Lafabrié est, depuis le 1er juillet, le nouveau directeur du musée des Beaux-Arts de Limoges.

François Lafabrié, qui êtes-vous ?

J'ai 34 ans et je suis originaire de l'Aveyron. J'ai longtemps vécu à Montpellier. J'ai suivi une formation en histoire de l'art à l'École du Louvre à Paris, avec une spécialisation en histoire de l'architecture. Avant de passer le concours de conservateur du patrimoine, spécialité musées, en 2019, j'ai travaillé pendant six ans au musée du château de Blois, en tant que responsable de la documentation, des publications. Je m'occupais également des expositions dans le château. Lors de ma formation à l'Institut national du Patrimoine, j'ai effectué un stage de six mois au musée des Beaux-Arts de Dunkerque.

Votre nomination et donc votre arrivée à Limoges sont un pur hasard...

En effet, c'était une région que je ne connaissais pas du tout mais le poste m'intéressait beaucoup. J'aime découvrir de nouveaux territoires, de nouvelles villes : avant d'y travailler, je ne connaissais ni Blois, ni Dunkerque. J'ai découvert à Limoges un potentiel énorme avec un centre-ville magnifique, avec une université, une école d'art...

Qu'est-ce qui vous a plu et vous plaît dans le musée des Beaux-Arts de Limoges ?

Pour un spécialiste en architecture du XVIIe et XVIIIe siècles comme moi, le palais est magnifique et les jardins autour sont extraordinaires. Installer un musée dans un site chargé d'histoire est un plus certain. Je ne soupçonnais pas à quel point le musée était grand et rénové avec une très grande qualité. Évidemment, j'ai également découvert la richesse des collections et leur diversité. J'ai l'impression qu'il y a quatre musées en un seul : la galerie égyptienne, l'histoire de Limoges, les Beaux-Arts et les émaux.

Avez-vous déjà des idées d'amélioration ?

Même si je m'inscris dans la continuité de la fréquence des expositions temporaires qui bénéficient d'une belle fréquentation, l'enjeu à mon sens se situe dans la visibilité du musée auprès des Limougeauds et des habitants du territoire, par une communication plus affirmée et en diversifiant l'offre. Un musée n'est pas juste un lieu où l'on rentre pour regarder des œuvres. Il peut être un lieu où on " expérimente " en collaboration, par exemple, avec les arts vivants avec du théâtre, du cirque, de la danse grâce à des partenariats avec l'Opéra, l'Union, le Sirque... Les artistes pourraient travailler en lien avec les collections, à partir des œuvres ou des espaces du musée.

En parallèle, nous travaillons sur la boutique pour proposer des produits pour les enfants afin qu'ils puissent repartir avec un souvenir, car nous recevons de nombreux groupes scolaires. Nous réfléchissons aussi, à terme, sur un lieu de restauration.

Comment faire du musée un lieu pour tous en sortant de son image élitiste ?

C'est une question essentielle mais très difficile à résoudre. L'aspect " Beaux-Arts " peut être un frein. En plus, le musée est situé dans un palais. Franchir la porte n'est pas évident pour tout le monde. Le lieu peut impressionner. Je pense qu'il faut travailler sur la convivialité et les espaces d'accueil qui doivent être aménagés, avec pourquoi pas un mobilier en plus grand nombre pour s'asseoir, voire pour faire la sieste ! Une réflexion est certainement à mener sur les outils de médiation. Dans les salles, les panneaux textes pourraient être complétés par des outils numériques. On peut réfléchir à des événements pour faire venir les gens au musée mais également pour aller vers la population, vers les commerçants qui deviendraient nos relais pour toucher ceux qu'on ne touche pas forcément.

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