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Soldes : oui, non, certainement pas...

08h00 - 18 janvier 2021
Soldes : oui, non, certainement pas...
Faire les soldes était-il toujours aussi intéressant ? - ©

Décalés cette année par un arrêté ministériel, les soldes débuteront le mercredi 20 janvier et se termineront le mardi 16 février. L'occasion de glaner quelques témoignages et souvenirs, plus ou moins « drôles »... voire des coups de gueule. Du vécu, rien que du vécu...

Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître... Les soldes en ce temps-là étaient un véritable événement ! On gardait les « enveloppes » ou les étrennes reçues à Noël, on faisait des économies pour s'offrir, deux fois l'année, des produits qui coûtaient un peu mais qui devenaient alors accessibles.

Je vous parle d'un temps où l'internet n'avait pas envahi notre quotidien de consommation et où on faisait la queue devant les magasins, en attendant avec impatience l'ouverture de la boutique pour ne pas louper une « affaire ».

SOUVENIRS

D'ailleurs, Amaury Mallet se souvient : « Quand j'étais plus jeune, les soldes, c'était le synonyme d'une après-midi entière avec ma grand-mère dans le centre de Limoges. C'est un bon souvenir, je me rappelle l'attendre en haut de la rue du Clocher, car elle allait moins vite que moi pour monter. Je me rappelle aussi d'elle racontant sa vie à la/le vendeuse/eur surchagé(e) de travail parce qu'il y avait beaucoup trop de gens dans le magasin. Pour moi, c'est un bon souvenir ».

Dans le même esprit, Stéphanie Crespi confie : « Mon souvenir est aussi un bon souvenir quand j'allais faire les magasins avec ma meilleure amie et nos petites économies pour trouver un t-shirt ou un pull ».

Peut-être plus mitigée, Isabelle Avril constate : « À l'époque, les soldes commençaient après le 1er janvier. Les ''sous'' du père Noël servaient à se faire un petit plaisir. Les rabais étaient à -20 %. Parfois -30 % mais c'était des ''nanars'' des années précédentes. Pas de l'année surtout comme aujourd'hui. Les prix étaient élevés car de fabrication française. Effectivement, on se battait les pulls dans les bacs de chez Elle, Mandonnaud... Il n'existe quasiment plus les beaux magasins de l'époque. Tout a disparu pour être remplacé par des chaînes avec leurs collections permanentes soldées à -70 % qui n'étaient pas en magasin 15 jours plus tôt ».

PLUTÔT NÉGATIF

Sur Facebook, Cyril Courtine raconte : « Ah les soldes ! Le seul moment où je vais m'acheter des vêtements et que je repars avec la totalité des affaires non soldées. En clair, je me retrouve dans un bain de foule pour des fringues qui vont être en vente des mois après et qui vont me coûter un bras ». Claudine Audvard avoue : « Les soldes ! J'oublie toujours le départ et lorsque j'y vais tout ce que je choisis n'est pas soldé ou il n'y a plus ma taille ! C'est dans la collection printemps ».

« Comme d'habitude, il me faut attendre le samedi pour faire les soldes, car je travaille le reste de la semaine. Journée par définition chargée dans les magasins. Difficile de bien voir les étiquettes, de lire les prix et... de trouver sa taille. Enfin, un chemisier ivoire que j'avais repéré est toujours là. Je l'avais déjà essayé. Je le prends, le paye et ressors contente de mon achat. Arrivée chez moi, je m'aperçois que sur le col, il y avait une énorme trace de rouge à lèvres bien gras, que je n'ai jamais pu enlever car le chemisier devait être lavé à froid et aucun produit même spécial n'en est venu à bout », fulmine Stéphanie Bouillaguet.

DISCRIMINANT

Alexandra Pellegrin signale une pratique totalement discriminante : « Mauvais souvenir celui de voir les robes en taille dite normale soldées et exactement la même en grande taille non soldée avec pour justification du magasin que ''les grandes tailles ne sont pas soldées, que c'est comme ça et c'est tout...''. Je n'ai jamais reposé les pieds dans ce magasin et d'ailleurs je n'étais pas la seule à être indignée. Être grosse n'est pas dans la norme... ».

HALLUCINANT

Pour certaines, les soldes, ce sont des images qui reviennent à l'esprit comme un mauvais film. « Outre les reportages télé qui montrent des centaines de clients agglutinés devant un hypermarché (ce qui aujourd'hui au vu du Covid ne serait pas possible, enfin, je l'espère !) en attendant l'ouverture, qui se poussent à coups de chariot, qui n'hésitent pas à s'engouffrer sous la grille dès 50cm levés, je me revois attendre, attendre, attendre avec ma meilleure amie devant une enseigne de matériel hi-fi/nouvelles technologies qui proposait des super soldes. Sur la pub, ils avaient annoncé un nombre limité d'exemplaires disponibles. Quelle course ! Nous avions même élaboré une stratégie pour se séparer dans le magasin et dans les escalators. Je ris rien qu'en l'écrivant... La quête du Graal ».

DES SOLDES ? QUELS SOLDES ?

Et puis, il y a toutes ces remarques sur la pertinence de maintenir des soldes. Pour Marie Mimie, c'est « juste un moyen de pousser à la consommation, alors même qu'on n'a déjà plus de fric. On se laisse influencer par des soi-disant super ristournes avec des -50 % et des -70 %. On n'en a pas forcément besoin, mais on se dit qu'on va profiter d'une si bonne occasion. Sans compter le matraquage pub que ce soit dans les boîtes aux lettres comme par mail. On a l'impression que ne pas acheter pendant les soldes, c'est être out ! Avec cette question posée à tout-va : alors t'as fait les soldes ? ».

Pour Cyndyyy, l'analyse va plus loin : « Les soldes n'existent plus : promos, ventes privées, super rabais, Black Friday, French Days, coupons de réduction... Toutes ces opérations commerciales ont tué les soldes. Aujourd'hui, on ne paie jamais le prix affiché. On en vient même se demander finalement ce que coûte réellement ce qu'on achète ».

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