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« Nous nous sommes amusés à détourner les références et les codes »

21h05 - 10 janvier 2023
« Nous nous sommes amusés à détourner les références et les codes »
Sur scène, Michaël Gregorio « imite » 200 chansons : un record ! (© Laura Gilli)

Le comédien-chanteur-imitateur Michaël Gregorio se produira le samedi 21 janvier à 20 heures au Zénith de Limoges avec son nouveau spectacle L'Odyssée de la voix.

L'Odyssée de la voix est-elle une vraie... odyssée ?

Au départ, je voulais créer un spectacle qui soit une ode à la voix. Cela faisait très longtemps que j'en avais envie. Rapidement, il s'est imposé comme un voyage. Avec Arnaud Lemort, mon binôme, mon metteur en scène, avec qui j'écris tout, nous avons eu l'idée d'un clin d'œil au film de Stanley Kubrick. Nous en avons détourné les références et les codes.

Même l'affiche est une référence à 2001, L'Odyssée de l'espace. Est-ce un film qui vous a marqué ?

C'est un film culte que j'aime. Mais cet écho est venu au fil de l'écriture. Nous avons repensé au singe qui découvre l'arme, à l'ordinateur de bord HAL 9000... Évidemment, dans le spectacle, ce n'est pas le même HAL, qui est plutôt un assistant virtuel à l'image de Siri, que nous avons appelé Cyril.

Nous nous sommes amusés, ce qui nous a permis de pousser la porte du cinéma. Aussi, le spectacle mêle cinéma, voyage et voix. D'ailleurs, je n'ai qu'une seule voix et pas 150 ! Et quand je la perds, je n'en ai pas 149 autres pour continuer à chanter.

Pourtant, vous parvenez à imiter les voix de plusieurs dizaines de personnes ?

Certes, mais je n'ai qu'une seule voix. Après elle peut se cacher dans différents endroits et je peux la faire résonner autrement : c'est ce que je souhaitais raconter. Puis, je n'ai pas l'impression d'avoir la « voix de... ». J'arrive plutôt à retrouver des émotions, quelque chose qui évoque le souvenir d'une voix. C'est ainsi que l'imitation fonctionne ou... pas, car ça peut être subjectif. Certains diront qu'ils retrouvent la personne imitée et d'autres pas du tout. Je fais une proposition et le public trouve ou pas la justesse.

Comment avez-vous construit ce nouveau spectacle ?

Je suis parti sur un cadre d'écriture et des thèmes que j'avais envie d'aborder. Nous avons beaucoup travaillé. Ensuite, nous avons recentré. Finalement, les musiciens ont relevé plus de 200 chansons, ce qui est un record. Néanmoins, la quantité ne m'intéresse pas. Et, je ne voulais pas de la nouveauté pour de la nouveauté mais que ça s'intègre bien au spectacle.

Dans cette odyssée, vous évoquez la perte de la voix. Si demain, vous perdiez la vôtre, comment feriez-vous ?

Il y a deux ans, j'ai subi une opération des cordes vocales. Je l'ai vécue comme une épreuve et comme une expérience. Je n'étais pas terrifié. Je savais que je pourrais encore chanter mais j'ignorais si j'allais pouvoir récupérer la même capacité vocale. La rééducation m'a aidé à retrouver des repères.

Vous menez également une carrière au cinéma en tant que comédien ou pour du doublage. N'est-ce pas trop compliqué d'avoir plusieurs « casquettes » ?

Pour moi, il s'agit de la même chose : c'est un travail d'interprète. Au contraire, je trouve cela enrichissant. À 15-16 ans quand j'ai commencé à faire du théâtre, je me suis aperçu que je pouvais jouer avec ma voix, la modifier. La comédie, c'est un peu un retour aux premières amours.

En parallèle de la tournée, avez-vous des projets ?

Je viens de finir le tournage de la saison 4 de la série Les Bracelets rouges, diffusée sur TF1, dans laquelle je joue le rôle d'un interne en cancérologie. Les équipes de jeunes acteurs comme d'adultes étaient super.

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