Voyage temporel sur la planète Floyd
Avec plus de 4 millions de spectateurs conquis à travers le monde depuis leur premier concert en 1988, The Australian Pink Floyd Show incarne le premier spectacle hommage au groupe mythique britannique. Il se produira le 26 mars à 20h au Zénith de Limoges. Interview de Luc Ledy-Lepine, guitariste du tribute band.
The Australian Pink Floyd Show propose une scénographie époustouflante avec de nombreux effets spéciaux, des lasers, des structures gonflables…
En effet, il y a des structures gonflables, des lasers, des lumières ainsi qu'un écran circulaire géant qui reprend ce que faisaient les Floyd en live. Pendant les morceaux, on diffuse des vidéos, qui sont bien souvent en lien avec le thème de la chanson. Avec les dix musiciens sur scène, il n'y a pas de quoi s'ennuyer !
L'objectif est de recréer l'ambiance Floyd ? Que le public se dise : " J'ai fait un voyage dans le temps et je retourne quatre décennies en arrière " ?
C'est complètement ça. L'idée est vraiment que les spectateurs se retrouvent dans ce qu'ils ont découvert la première fois qu'ils ont écouté Pink Floyd, notamment sur les albums, notre objectif principal étant d'être le plus proche possible des albums à la note près, même à la fréquence près si je peux dire ainsi. On n'essaie pas de s'approcher des versions live, qui sont peut-être un peu plus connues aux yeux de certains puristes.
Combien de chansons ou d'albums reprenez-vous ?
Il serait plus simple de dire combien ne le sont pas. On reprend tous les albums, mais pas tous les titres de tous les albums, sinon le concert durerait à peu près neuf heures (rires). On joue évidemment les chansons les plus connues, qui parlent à un public vraiment large.
Et puis on profite également des deux heures et demie de concert pour jouer des morceaux qui sont peut-être un peu moins connus du grand public, ou qui sont un peu plus datés, de l'époque de Syd Barrett par exemple, qui n'est pas assez joué à mon goût.
Comment expliquez-vous que des jeunes qui ont 20 ans ou 25 ans viennent voir un tribute d'un groupe qu'ils n'ont même pas connu ?
Je pourrais même aller plus loin : comment un guitariste de 28 ans se retrouve sur scène avec l'Australian Pink Floyd Show ? Qu'on ait 20 ou 77 ans, la musique de Pink Floyd est vraiment intemporelle et intergénérationnelle, car elle est tellement unique et authentique ! Elle parle aux gens, aux jeunes comme aux moins jeunes.
Avez-vous une explication quant à la longévité du show ?
The Australian Pink Floyd Show a été fondé en 1988. Selon moi, sa longévité s'explique par le fait que le groupe a été adoubé par les vrais Pink Floyd. David Gilmour les a invités pour jouer avec eux, et pour son anniversaire aussi. Je pense qu'il y a une vraie forme de respect de la part de Pink Floyd. Nick Mason, le batteur, fait encore des blagues gentilles aujourd'hui sur nous : " Ça fait bizarre d'être dans mon propre groupe de reprises, peut-être que je devrais l'appeler The Australian Nick Mason Show ". Ça m'avait beaucoup fait rire…
Parlons un peu de vous et de ce " coup de poker " quand vous aviez 15 ans…
En 2013, c'était les 40 ans de Dark Side of the Moon. J'avais 15 ans et je commençais déjà à grattouiller la guitare depuis deux-trois ans. J'ai été tellement émerveillé par le concert que j'ai envoyé un message à Dave (N.D.L.R. : David Gilmour), l'un des deux guitaristes. C'était une petite vidéo où je jouais de la guitare, un solo de Pink Floyd évidemment, en lui demandant des conseils, ce qu'il en pensait, et puis en le félicitant pour le concert de la veille. Contre toute attente, il m'a répondu que je n'étais pas mauvais pour mon âge, qu'il fallait que je continue et que j'aurais peut-être son boulot dans quelques années (rires).
On est resté en contact, je les ai revus en concert plusieurs fois, j'ai joué avec eux pendant les balances… Quand Steve Mac, le fondateur australien du groupe, est parti à la retraite, Dave, qui ne m'avait pas oublié, m'a appelé en me disant d'arrêter tout ce que j'étais en train de faire, et que j'avais une opportunité de rentrer dans le groupe. Donc si je la voulais, elle était à moi.
Vous parlez d'honneur d'être dans ce spectacle…
Tous les soirs, c'est un réel honneur de pouvoir faire ce que je fais. On rend hommage à un groupe mythique, à une musique qui est pour moi exceptionnelle, qui m'a marqué, qui m'a bercé… Je suis fan de Pink Floyd donc ça tombe bien que je sois dans ce groupe (rires).
Quelle est votre chanson préférée ?
J'en ai beaucoup et ça change de semaine en semaine. Actuellement, ce serait peut-être High Hopes sur l'album Division Bell, parce que c'est le premier solo de guitare que j'ai entendu. Mais ça n'en était pas vraiment un : c'était un solo de slide guitare, et la manière de jouer était complètement différente. C'était la première fois que j'entendais ça, et je n'ai pas compris ce qu'il se passait. Mon petit cerveau de guitariste de 15 ans qui venait de commencer se disait mais c'est quoi ce son ? Et l'émotion qui était transmise était vraiment bouleversante.



0 commentaires