Explosion du trafic de stup et hausse des tués sur la route
Maurice Barate, le préfet de la Haute-Vienne, a dressé le bilan de l'année 2025 de la lutte contre la délinquance ainsi que de l'accidentalité routière dans le département.
La Haute-Vienne (372.000 habitants) est un département pour partie rural dont Limoges est la deuxième ville la plus peuplée (130.000 Limougeauds) de Nouvelle-Aquitaine qui comprend notamment 9 quartiers prioritaires de la politique de la Ville avec une agglomération de 207.000 habitants. Dès lors, Limoges exerce un rôle de centralité qui fait que le territoire concentre un large éventail de problématiques de sécurité typiques tant des zones rurales qu'urbaines, ce qui suppose une adaptation permanente des effectifs des forces de sécurité intérieure (FSI) aux réalités du terrain.
Moins de délinquance à l'échelon national
Le département se situe légèrement toujours en deçà du 60e rang dans le classement des départements en matière de délinquance. Il reste un département dans lequel la délinquance s'inscrit toujours dans un registre peu élevé. Pour preuve, les chiffres constatés sont inférieurs à la moyenne nationale, et ce dans toutes les rubriques d'analyse de la délinquance.
Les atteintes aux biens s'établissent à un taux de 19,42 pour 1.000 habitants, contre un taux de 27,71 en France métropolitaine. Pour les atteintes volontaires à l'intégrité physique (AVIP), le taux départemental est de 10,72 pour 1.000 habitants, contre 13,54 au plan hexagonal. Toutefois, ces données ne doivent pas masquer le ressenti, voire le sentiment d'insécurité d'une partie des Haut-Viennois.
Augmentation des infractions
Cet investissement se traduit notamment par une nette augmentation des infractions révélées par l'action des services (IRAS) des forces de sécurité intérieure, soit + 11,70 % au niveau départemental : + 11,98 % (soit + 146 infractions) de plus pour la direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) et + 11,01 % (soit + 59 infractions) pour le groupement de gendarmerie départementale (GGD). L'agrégat relatif aux IRAS met en exergue une forte augmentation des affaires de stupéfiants (+ 56 %). Cette hausse se traduit par une augmentation du nombre de mis en cause de 1,39 % pour les atteintes aux biens et de 6,4 % au titre des AVIP.
Un taux d'élucidation supérieur
En Haute-Vienne, le taux d'élucidation des faits par les services est à saluer puisqu'il est supérieur au niveau national (+ 4,5 points), tant s'agissant des atteintes aux biens, que des AVIP pour lesquelles il est de 73,4 % contre 60,1 % au niveau national.
Saisie des avoirs
Par ailleurs, la saisie des avoirs criminels (véhicules terrestres à moteur, comptes de dépôt...), préalable à toute condamnation, a été renforcée (1,6 million d'euros par la DIPN et 2 millions d'euros par le GGD, soit + 128 % en zone gendarmerie par rapport à 2024). La saisie de ces avoirs est un important levier de dissuasion en ce qu'elle prive les délinquants de leurs ressources. En outre, lorsque la mesure devient définitive, la confiscation des avoirs constitue un outil efficace pour entraver les réseaux et lutter contre la criminalité organisée, en complément des peines qui peuvent être prononcées.
Hausse des personnes écrouées
S'agissant de la réponse pénale, on constate une hausse significative des personnes écrouées (232 en 2025, contre 136 en 2024). Ainsi, le nombre d'écrous, tant en matière de délinquance générale que de délits routiers, a augmenté de 69,42 % en zone police (+ 84) et de 80 % en zone gendarmerie (+ 12).
Accidentalité
Pour l'année 2025, la Haute-Vienne comptabilise 406 accidents, dont 23 décès et 513 blessés avec 151 hospitalisations. Ces chiffres traduisent une dégradation très significative par rapport à 2024, avec une hausse de 12 % des accidents et de 28 % des tués.
L'analyse des accidents mortels dans le département l'an passé confirme le facteur vitesse (implication dans 33 % des accidents mortels) comme principale cause tandis que l'alcool (24 %) apparaît en seconde place avec une augmentation sensible par rapport aux années précédentes (11 % en 2024).
Les plus de 55 ans ont été tout particulièrement impliqués dans les accidents mortels en 2025 (11 accidents et 7 tués) avec une responsabilité engagée dans une majorité des situations (70 %).
Même si leur implication est en baisse dans les accidents mortels par rapport à 2024, il est à noter que les jeunes (18-34 ans) restent impliqués dans près de 40 % des accidents corporels en 2025 traduisant une surreprésentation par rapport à la démographie locale.
La part des usagers vulnérables (usagers non carrossés) reste, à l'instar de 2024, importante en 2025 avec 25 % des blessés.



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