Un Avare brigand qui fait sauter le verrou de nos cassettes
L'Avare de Molière, dans une mise en scène audacieuse, est présenté au Théâtre de l'Union à Limoges du 23 au 26 février.
Un père qui refuse de céder la place, une génération qui s'accroche au pouvoir au détriment de celle qui émerge... Avec L'Avare, Molière nous offre une comédie hilarante sur un vice devenu folie.
« Quelle joie de retrouver Molière, son esprit abyssal et enfantin, archaïque et aigu, de retrouver son rire médecin penché sur nos désirs malades et dévorants. L'Avare gobe-monde ne veut rien lâcher, il veut tout posséder, tout amasser. Nous rions de ses travers poussés jusqu'à la folie par Molière. Harpagon désire tout, son appétit est infini, il aimerait tout avaler, ne rien perdre, jusqu'à ses propres enfants déjà grands. Il veut leur jeunesse, leurs amours. Et bien sûr, Harpagon réduit toutes et tous autour de lui à la pauvreté, il impose à chacun la loi morale de la sobriété », explique Clément Poirée.
Mais à l'heure de la décroissance et du bouleversement de nos valeurs, que nous dit encore Harpagon ?
Parlons un peu d'avarice
Amasser, accumuler, conserver : Harpagon est une figure qui aujourd'hui plonge au cœur de nos paradoxes. Et si, pour mieux parler de l'avarice, nous imaginions un Avare radin, ou pour le dire autrement, un spectacle circulaire, où l'on joue avec ce que le public nous donne, avant de le redistribuer après la représentation. Un théâtre pauvre mais riche de son public, riche de ce que nous partageons. Une troupe qui n'a rien, en slip, qui invente chaque soir une pièce unique. Un Avare brigand qui fait sauter joyeusement le verrou de nos cassettes.
Et le metteur en scène de s'interroger : « Où en sommes-nous aujourd'hui de l'avarice ? Ce qui fut un terrible défaut, une maladie de l'âme, a pris des colorations plus positives à l'ère de l'économie circulaire et de la décroissance. Au fond, on ne peut que souscrire aux propos d'Harpagon quand il reproche à son fils de s'habiller de façon somptuaire (il porte l'équivalent de 5.000€ de vêtements tout de même !). À l'époque de la chasse au gaspillage comment ne pas le comprendre notre ''avare'' quand il demande à ses domestiques de servir les gens selon leur faim plutôt que de les inciter à consommer démesurément ? Lutte contre le gaspillage, seconde main, économie circulaire, sobriété, etc. font aujourd'hui partie de notre pensée sur la dépense et l'épargne, la générosité et l'avarice ».
Lundi 23 à 14h (+ bord plateau), mardi 24 à 20h (+ bord plateau), mercredi 25 à 20h et jeudi 26 février à 19h. Billetterie : billetterie. theatre-union.fr ou 05.55.79.90.00.



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