" La lecture vous nourrit, vous enrichit, vous tient debout "
Dans le cadre de la 13e édition du Festival Culturissimo, porté par les Espaces Culturels E.Leclerc, l'Espace Simone-Veil à Limoges accueillera, le mardi 2 juin à 20h, l'actrice Marie-Christine Barrault pour une lecture gratuite de l'ouvrage Finistère d'Anne Berest.
Pourquoi avoir accepté de participer à Culturissimo ?
J'y participe pratiquement tous les ans depuis sa création. J'adore ce festival, qui est très bien organisé, avec des acteurs de premier plan pour de très belles lectures, à la suite desquelles un petit cocktail permet d'échanger avec le public.
Pourquoi avoir choisi le livre Finistère ?
L'équipe organisatrice du festival sélectionne les livres, les extraits ainsi que les lectrices et lecteurs. Je trouve que Finistère est un beau livre. Anne Berest est tout à fait dans l'air du temps, et je suis très contente de ce choix. J'avais déjà lu son ouvrage sur Françoise Sagan.
La gratuité de ces séances est-elle un moyen d'attirer vers la lecture des personnes qui de prime abord ne seraient pas venues ?
Absolument. J'ai d'ailleurs l'impression d'être missionnaire par rapport à la lecture au-delà de mon métier d'actrice. Si, après chaque séance, il n'y a ne serait-ce qu'une ou deux personnes qui pensent " Mais la lecture, ce n'est pas si chiant que ça, ça peut être formidable ! ", et si elles vont acheter un livre, je me dis que c'est gagné. Je voudrais que tout le monde comprenne à quel point la lecture est fondamentale. Dès qu'on a le moindre souci dans la vie, la lecture vous nourrit, vous enrichit, vous tient debout. On ne peut pas être plus croyante en la lecture que ce que je suis.
Il y a quelques jours, vous étiez au Festival de Cannes où La Vie d'une femme, un long métrage dans lequel vous avez le rôle d'Arlette, était en compétition…
Oui, j'incarne la mère de Léa Drucker. Pour la montée des marches, toute l'équipe du film était là, avec beaucoup de femmes, Léa Drucker, Mélanie Thierry, Charline Bourgeois-Tacquet, la réalisatrice… Le film a été très bien accueilli. On était heureux.
Est-ce qu'aujourd'hui, les comédiennes " d'âge mûr " ont davantage de rôles au cinéma ?
C'est incomparable. Quand j'avais 35 ans, il y avait cette espèce d'épée de Damoclès au-dessus de notre tête. On se disait : à 40 ans, c'est fini pour les grands rôles au cinéma. Aujourd'hui, de nombreuses actrices, qui ont entre 55 et 60 ans, sont, comme on dit, " bankables ". Léa Drucker, Valeria Bruni-Tedeschi, Catherine Frot, Karin Viard, Sandrine Kiberlain… Et puis, les vieilles reviennent, parce qu'il en faut bien pour jouer les grands-mères, les belles-mères… Mais monter un film sur une femme de plus de 50 ans, il y a encore quelques années, était impossible. Entre 40 et 70 ans, on ne savait plus où les mettre, elles étaient généralement la femme de l'acteur du rôle principal. Maintenant, tout a changé : d'ailleurs, lors de la conférence de presse de présentation de La Vie d'une femme, Charles Berling a simplement expliqué : " Moi, je suis le mari de Léa Drucker ". Cette évolution est également due à davantage de femmes réalisatrices.
Vous êtes une actrice qui possède plusieurs cordes à son arc : les lectures, le cinéma, le théâtre, la télé. À ce titre, en février dernier, un téléfilm a été diffusé La Maman du bourreau, dans lequel vous incarnez la mère d'un prêtre pédophile…
J'ai eu le plaisir de travailler avec Gabriel Aghion, qui est non seulement un grand réalisateur, mais un grand amoureux des actrices. J'avais le rôle de la mère de Laurent Stocker (N.D.L.R. qui participe également à Culturissimo avec des lectures à Marmande et à Sens), qui est un acteur absolument prodigieux. C'était une très belle aventure avec un message fort…
Vous devez avoir un emploi du temps de ministre…
De ministre en activité ! (rires)



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