Les services à la personne : un marché confronté à des défis majeurs d'ici 2030 (pages spéciales services à la personne)
Avec le vieillissement de la population en France et le maintien à domicile des personnes âgées, l'augmentation des besoins en services à la personne risque de devenir problématique face au manque de personnes formées et qualifiées.
En 2020, 14 % des ménages déclaraient engager des dépenses de service à la personne. Le volume d'activités réalisées dans ces secteurs, qui représente près de 850 millions d'heures, apparaît relativement stable ces dernières années, hors crise sanitaire.
Les services à la personne, que l'État contribue fortement à solvabiliser, présentent des bénéfices multiples pour la société (autonomie, intégration, santé). Ils représentent aussi une opportunité d'insertion professionnelle pour des personnes peu qualifiées et parfois éloignées du marché du travail.
Une forte croissance des besoins
Le vieillissement de la population en France (18,6 millions de personnes de plus de 60 ans en 2023, et 20,8 millions d'ici 2030) et le souhait des personnes âgées de rester à domicile devraient entraîner une forte croissance des besoins en services à la personne d'ici 2030 avec une hausse de plus de 30.000 emplois sur le seul segment de l'accompagnement à domicile.
Cette forte dynamique pourrait accentuer des difficultés déjà présentes. En effet, les problèmes d'attractivité, de recrutement et de fidélisation des employés, alors que le taux de départ à la retraite d'ici 2030 est particulièrement prononcé, sont d'ores et déjà des enjeux récurrents. Sur l'ensemble des services à la personne, les besoins de recrutement d'ici 2030 atteindraient 250.000 emplois, en tenant compte des départs à la retraite.
Dans ce contexte, les interventions de l'État s'attachent à garantir la diversité de l'offre, à permettre le développement des modèles existants, tant du côté associatif que de celui des entreprises, à attirer des nouveaux acteurs et à favoriser l'innovation tout en cherchant à simplifier et à sécuriser l'accès à ces services pour l'ensemble des ménages. En France métropolitaine, en Martinique et à La Réunion, 3,9 millions de ménages ont recours aux services à la personne en 2019, soit 13,8 % de l'ensemble des ménages. Dans l'Hexagone, le taux de recours à ces services est plus marqué dans les départements de l'Ouest. Il est plus faible en Martinique et à La Réunion.
Ces écarts s'expliquent en partie par les caractéristiques des populations : les ménages âgés et ceux dont le niveau de vie est élevé utilisent davantage les services à la personne. Le vieillissement de la population a ainsi fortement contribué à la hausse du nombre de ménages utilisateurs (+ 7,5 %) par rapport à 2013, plus marquée que celle de l'ensemble des ménages (+ 4,5 %).
Cette croissance se poursuivrait dans les années à venir, de manière plus prononcée sur la façade atlantique et dans le Sud-Est.
Des centaines de milliers de salariés à former et à recruter d'ici 2050
En France, en 2019, un peu plus d'un million de salariés travaillent dans les services à la personne, la plupart à temps partiel. L'activité du secteur représente environ 400.000 emplois en équivalent temps plein. Si la consommation de services progressait au même rythme que le nombre de ménages utilisateurs d'ici 2050, les évolutions à venir nécessiteraient 100.000 emplois en équivalent temps plein de plus, soit 300.000 salariés de plus à comportements de temps partiel constants. Ce chiffre est probablement une estimation basse car, en 2050, les ménages utilisateurs seront plus âgés et auront de ce fait un usage des services à la personne plus intensif. Une méthode de prise en compte du vieillissement des ménages utilisateurs suggère que le besoin d'emplois additionnels atteindrait 170.000 équivalent temps plein, soit 500.000 salariés supplémentaires méthodes.
En plus de salariés supplémentaires à recruter d'ici 2050, le secteur devra également faire face au renouvellement de 800.000 salariés qui y travaillent actuellement et qui auront plus de 65 ans à l'horizon de projection.
Les Thémas de la DGE, n°25 : Jean-Christophe Lomonaco, Guillaume Lourette (SCIDE), Elodie Chevenot (SEP).
Grégoire Borey, Olivier Diel, Luigi Muzzolin : Insee Première, n° 2042, Mars 2025



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