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La Promesse Verte : L'effet papillon de la déforestation

19h15 - 19 mars 2024 - par Anne-Marie MUIA
La Promesse Verte : L'effet papillon de la déforestation
Alexandra Lamy et Félix Moati portent admirablement le film (Photo : 2023 Nord-Ouest Films - France 2 Cinéma - Artémis Productions - Plein Champ - Camisards)

Alors que la sortie nationale de La Promesse Verte est prévue le 27 mars, il est possible de le voir en avant-première au Dorat et à Bellac. Rencontre avec le réalisateur Édouard Bergeon qui était à Limoges pour présenter son long métrage au Grand Écran.

Quand on décide d'aller voir La Promesse Verte, on sait déjà que le film va nous prendre aux tripes, qu'on en ressortira... un peu différent. Plus « conscient », plus « éclairé ».

En 2019, avec Au nom de la Terre, Édouard Bergeon a su mettre des mots, des images sur le quotidien des agriculteurs, sur leur désespoir quand les dettes s'accumulent, alors que Pierre (Guillaume Canet) s'épuise au travail. Malgré l'amour de sa femme et ses enfants, il sombre peu à peu... Construit comme une saga familiale, et d'après la propre histoire du réalisateur, le film porte un regard humain sur l'évolution du monde agricole de ces 40 dernières années. Puis, il y a la chaîne-plateforme CultivonsNous.tv. et les combats menés en « on » et en « off », avec la notoriété mise au « service de ».

« Au cinéma comme en littérature, nous sommes des artivistes », lance l'ancien journaliste, qui revendique une totale liberté de parole : « Je dis toujours ce que je pense. J'ai toujours fait ce que je voulais et ça m'a plutôt réussi. Quand j'ai commencé à la télé, j'ai souvent dit ''non'' à des sujets, mais en proposant autre chose ». Aujourd'hui, Édouard Bergeon revient avec La Promesse Verte, qui dénonce la déforestation et l'exploitation de l'huile de palme. La production d'huile de palme à l'autre bout du monde s'avère un désastre écologique. Elle implique une déforestation massive, terrible pour l'écosystème local et mondial - la forêt primaire est le poumon de notre planète et un rempart contre le réchauffement climatique. Elle nécessite l'utilisation massive d'engrais chimiques et de désherbants pour faire pousser les palmiers, sans oublier la quantité de fioul lourd nécessaire au transport de l'huile par cargo. C'est aussi un désastre humain pour les peuples autochtones des forêts tropicales qui se retrouvent expropriés de leurs terres ancestrales.

Poids des lobbies

L'histoire, c'est celle du combat de Carole (Alexandra Lamy) dont Martin, le fils (Félix Moati) est injustement accusé de trafic de drogue et risque la peine de mort. L'actrice qui a commencé dans un registre comique a su se diversifier avec des rôles dramatiques. Femme engagée, elle n'a pas hésité à incarner avec brio cette mère courage, ne souhaitant ni fard, ni maquillage, se fatiguant pour avoir les traits vraiment tirés. On parvient sans difficulté à s'identifier à cette anti-héroïne, ce que recherchait le réalisateur, une madame Tout-le-monde prise dans un tourbillon qui la dépasse et dont elle va rapidement apprendre les règles du jeu, aidée par Saïd Ayouche, attaché à l'ambassade de France (Sofian Khammes). En filigrane, les jeux diplomatiques guidés par les intérêts politico-économiques, influencés par les lobbies internationaux, sont décryptés. Le Quai d'Orsay a d'ailleurs donné son accord afin que des scènes soient réellement tournées dans les murs du ministère des Affaires étrangères. Mais finalement, la France s'en sort plutôt bien dans les négociations pour libérer ses otages !

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