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Javelot : Julien, un champion serein

07h00 - 10 novembre 2022
Javelot : Julien, un champion serein
Le geste doit être le plus précis possible

En juillet dernier, après avoir décroché le titre de champion de Nouvelle-Aquitaine, Julien Lhomme a représenté le club de Panazol aux championnats de France où il a terminé 9e de l'épreuve de javelot. Il espère faire mieux cette année, mais reste serein, car il pratique ce sport par plaisir.

Lorsqu'il enfile ses baskets à pointes, le visage de Julien Lhomme s'éclaire. « Petit, il courait déjà sans cesse autour de la maison. Plus grand, son frère et lui ont improvisé un sautoir sur notre lit », se souvient son père.

À 7 ans, ses deux fils participent au cross de Panazol, que Julien remporte. Il est alors repéré par les entraîneurs du club Pana-Loisirs qui lui proposent d'intégrer la section d'athlétisme. Courir lui réussit plutôt bien, puisqu'il monte régulièrement sur les podiums. Il décide alors d'arrêter le tennis pour s'impliquer à fond dans l'athlétisme. Curieux de tout, il prend plaisir à s'initier aux différentes facettes de cette discipline particulièrement exigeante. « J'ai rapidement adoré lancer le javelot. Cela demande un geste précis et une technique pointue pour l'envoyer le plus loin possible, mais il n'y a pas de stress », avoue-t-il. À 11 ans, il le lance déjà à plus de 20 m. Les résultats s'accumulent et Julien s'épanouit dans chaque épreuve.

Le premier confinement aurait pu sonner le glas de cette idylle, mais pas question de clouer Julien sur son canapé : « Comme on ne pouvait plus s'entraîner au stade, on se lançait des défis physiques derrière nos écrans d'ordinateurs et je continuais à lancer mon javelot dans le terrain de la maison familiale ». Et après chaque jet, il analyse son geste pour rectifier ses erreurs.

Les performances s'enchaînant régulièrement, il engrange des points lui permettant d'être sélectionné aux championnats de France. S'il se laisse griser par la compétition, Julien sait aussi qu'il ne vivra pas de son sport, car une blessure peut venir brusquement tout gâcher. Il mène donc en parallèle des études pour intégrer une école d'ingénieurs. « S'il n'y avait pas eu le sport et cet amour de la compétition, je n'aurais peut-être pas atteint ce niveau d'études. L'athlétisme m'aide à relâcher la pression », explique-t-il.

AMBIANCE FAMILIALE

Éloigné de Panazol durant la semaine, il revient s'entraîner chaque samedi matin, et lors des vacances, il essaie toujours d'assister à l'entraînement des poussins du club, heureux de constater, que comme lui, beaucoup s'intéressent au javelot. La section existe depuis 43 ans et compte 90 licenciés dont un tiers pratique la course hors stade. Elle est rattachée au club omnisports Pana-Loisirs et bénéficie, à ce titre, de tout le soutien administratif et logistique de l'association, comme la possibilité d'utiliser des minibus pour les déplacements. Trois entraînements par semaine sont proposés pour toutes les épreuves de la discipline dans le gymnase ou sur le terrain de Morpienas. « À l'école d'athlétisme, nous acceptons les jeunes à partir de 8 ans. Ils viennent avec les copains, mais nous notons également une hausse des inscriptions après les grands événements sportifs, lorsque les athlètes français s'illustrent », souligne Cathy Coutant, la vice-présidente de la section, ajoutant « la force de notre club, c'est l'ambiance familiale qui y règne et l'accompagnement offert à nos licenciés ». Malgré cela, la section peine à conserver ses meilleurs jeunes, qui sont souvent convoités par les clubs voisins, plus importants. Pas étonnant que ses formateurs soient ravis que Julien Lhomme leur reste fidèle.

> Julien MOREAU

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