Pourquoi la Région Nouvelle-Aquitaine et les acteurs de l'apprentissage tirent la sonnette d'alarme ?
À Pessac en Gironde, Karine Desroses, la vice-présidente du Conseil régional en charge de la formation professionnelle, de l'apprentissage et de l'emploi, et plusieurs personnalités et acteurs de la formation et de l'apprentissage ont déposé symboliquement une couronne mortuaire pour dénoncer le désengagement de l'État en matière d'apprentissage.
Cette action, qui vise à alerter sur les conséquences de cette décision pour les jeunes, les entreprises et les territoires, intervient après la découverte par les Régions de l'ampleur du désengagement de l'État en matière d'apprentissage, qui se traduirait par une baisse de 88 % des dotations qui leur sont destinées. En Nouvelle-Aquitaine, les financements attendus passeraient ainsi de 40 millions d'euros à seulement 5 millions d'euros.
La couronne mortuaire déposée à Pessac, comme cela aurait pu être le cas dans les 12 départements de la Nouvelle-Aquitaine donc en Haute-Vienne, ne symbolise pas la mort de l'apprentissage. Elle symbolise le risque de voir disparaître les investissements qui permettent à l'apprentissage de se développer dans les territoires, de moderniser les CFA et de répondre aux besoins des entreprises.
Ce que finance la Région Nouvelle-Aquitaine pour l'apprentissage
Depuis la réforme de 2018, qui a recentralisé la compétence apprentissage, les Régions demeurent les principaux investisseurs dans les centres de formation d'apprentis (CFA).
En Nouvelle-Aquitaine, chaque euro perçu au titre de l'apprentissage a été réinvesti dans le développement et la modernisation des équipements de formation.
Depuis le début de la mandature, cela représente 125 millions d'euros investis dans les CFA ; une cinquantaine d'opérations de construction, d'extension ou de réhabilitation engagées ; près de 1.500 équipements pédagogiques et plateaux techniques financés ; près de 50 millions d'euros consacrés au maintien et au développement de formations d'apprentissage ; plus de 3 000 formations soutenues ; près de 40.000 apprentis ayant bénéficié de ces investissements.
Derrière les chiffres, un choix de société
" Ne plus investir dans l'apprentissage, c'est renoncer à l'ascenseur social, à la transmission des entreprises, à la cohésion territoriale, c'est assécher les territoires et notamment les territoires ruraux, c'est décourager les jeunes de choisir cette voie d'excellence et c'est décourager les chefs d'entreprises de recruter des jeunes ", explique la Région.
Ce que les investissements régionaux ont rendu possible
Des équipements structurants ont été financés grâce aux fonds alloués à l'apprentissage, avec notamment la construction de la tonnellerie du futur à Cognac (6 millions d'euros), le renouvellement des engins de travaux publics au CFA agricole de Venours dans la Vienne (2,4 millions d'euros), la construction de la Maison de l'Industrie à Limoges (2 millions d'euros), des travaux pour l'accueil des apprentis en situation de handicap du lycée d'Ahun en Creuse (1,2 million d'euros)…
Ce que les financements régionaux ont permis de maintenir et de soutenir
L'action de la Région a également permis de maintenir des formations de proximité à faible effectif et de soutenir des formations dans les secteurs en tension de recrutement. Dorénavant ces formations sont menacées, purement et simplement, de disparition.
" Sans soutien public, ces formations de proximité pourraient être fragilisées, voire amenées à disparaître. L'apprentissage constitue un levier majeur d'insertion professionnelle, de développement économique et de cohésion territoriale. Les acteurs réunis aujourd'hui à Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine demandent au Gouvernement de revenir sur cet arbitrage ", conclut la Région.



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