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Une journée pour briser les préjugés (pages spéciales services à la personne)

06h00 - 13 mai 2026 - par Info Haute-Vienne
Une journée pour briser les préjugés (pages spéciales services à la personne)
Les candidats potentiels ont pu découvrir que le métier a nettement évolué

Dans le cadre de la Semaine nationale des métiers du soin, le Comité Local pour l'Emploi (CLPE) de Rochechouart a invité des demandeurs d'emploi à découvrir la réalité de métiers qui souffrent encore d'une image négative.

Le secteur des métiers du soin et des services à la personne est en forte tension, mais peine à recruter du personnel, notamment en raison d'une image encore trop souvent négative.

« Lors des différentes réunions du Comité Local pour l'Emploi (CLPE), nous avons identifié les secteurs en tension que nous devions promouvoir. L'objectif du nombre de participants que nous nous étions fixé a été atteint, c'est donc positif », précise Cathy Radigue, chargée des relations avec les entreprises à la mission locale rurale.

Ces métiers ne sont certes pas faciles : ils impliquent des amplitudes horaires importantes et de nombreux déplacements, surtout en zone rurale. Pourtant, il est possible de s'y épanouir, comme en témoignent les salariés de l'UNA Ouest, qui affichent une longévité exemplaire au sein de la structure. « Un grand nombre de nos salariés comptent 15, 20, 30 ans d'ancienneté, et l'un d'eux atteint même 40 ans. Cela prouve que ces missions sont plutôt gratifiantes », commente Romain Lasthère, responsable de secteur. Il a accompagné neuf candidats lors de deux ateliers visant à leur montrer que les gestes du quotidien sont désormais moins pénibles, grâce à des outils efficaces qui facilitent certaines manipulations.

Susciter des vocations

« Nous avons répondu favorablement à la demande du CLPE, car nous espérons qu'en faisant découvrir le quotidien des soignants, nous susciterons des vocations. Nous souhaitons étoffer notre équipe pour répondre à la demande croissante d'aide à domicile. Nous recevons des sollicitations quotidiennement et, pour y faire face, nous avons besoin de personnel disponible. Il faut aussi anticiper les départs à la retraite », ajoute-t-il. Sans compter qu'il est nécessaire de pallier les absences pendant les congés d'été.

Avec l'augmentation des équipements au domicile des bénéficiaires, l'UNA Ouest doit également former son personnel à leur utilisation. L'association a ainsi reconstitué une pièce témoin, avec tout le matériel qu'on peut y trouver. « Cela permet de manipuler ces outils et, en inversant les rôles, de mieux comprendre ce que ressent une personne âgée lorsqu'on la manipule, par exemple pour la lever ou refaire son lit », explique Romain Lasthère. L'une des candidates a été invitée à s'allonger dans un lit médicalisé. Si la séquence s'est terminée dans un fou rire, elle a commencé par quelques craintes : « Vous êtes sûres que je ne vais pas tomber ? Je suis vraiment au bord du matelas ! », lance-t-elle.

Moyen de locomotion et flexibilité

Le principal frein à l'embauche demeure l'absence de moyen de locomotion. « C'est parfois compliqué, notamment quand il n'y a qu'un seul véhicule dans le foyer. Certains candidats n'ont pas le permis de conduire, mais de plus en plus de salariés utilisent des voiturettes sans permis, ce qui permet d'assurer des tournées correctes », rassure le responsable de secteur. Un autre point noir concerne la flexibilité horaire, avec des temps morts dans la journée et une activité concentrée le matin ou le soir. « Pour améliorer les conditions de travail, nous prévoyons des rotations de tournées », répond Romain Lasthère. Cependant, certains craignent de découvrir un nouvel univers. « La journée d'une aide à domicile est très éloignée d'une routine de bureau. Il y a toujours des imprévus. D'un autre côté, les bénéficiaires préfèrent avoir le même intervenant, car il entre dans leur intimité. Nous essayons de constituer des équipes de trois ou quatre salariés par tournée. Pour les guider, nous avons créé des fiches mission accessibles sur les téléphones professionnels, détaillant chaque étape de l'intervention. Et, en cas de difficulté, un cadre est toujours joignable », précise-t-il, insistant sur l'entraide entre salariés, « l'un des atouts de la structure ».

L'après-midi, quinze autres candidats étaient réunis à l'EHPAD du Château à Rochechouart. Après avoir retracé l'histoire de l'établissement, Éric Brunet, son directeur, a laissé la parole aux aides-soignants et aux agents des services hospitaliers. Ceux-ci ont présenté leur rôle, évoqué le statut de fonction publique hospitalière, les modes de recrutement, les conditions de travail, les besoins et les grilles salariales. Les candidats ont ensuite pu tester un simulateur de vieillesse et assister à une présentation de l'IFAS, le centre de formation d'aide-soignant.

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