L'entrepreneuriat féminin gagne du terrain en Nouvelle-Aquitaine (pages économie)
En Nouvelle-Aquitaine, la part des femmes parmi les créateurs d'entreprise progresse fortement entre 2014 et 2022, atteignant 39 %, un niveau supérieur à la moyenne nationale sur l'ensemble de la période. La structure économique régionale est favorable à cet entrepreneuriat plus féminin. Les secteurs fortement féminisés y sont plus présents et la proportion de femmes en âge d'occuper un emploi y est plus élevée. Par ailleurs, cette féminisation s'accentue dans le temps : la part des créatrices progresse de quatre points en quatre ans et de huit points en huit ans.
Le commerce, surtout de détail, constitue le premier secteur où les femmes créent leur entreprise, avec 27 % des créations féminines, contre 14 % chez les hommes. La santé humaine et l'action sociale figurent également parmi les secteurs les plus investis par les femmes (18 % contre 5 % des créations masculines).
Plus jeunes et plus diplômées
Les créatrices d'entreprise se distinguent nettement des hommes par leur niveau de diplôme, plus élevé que celui des créateurs. Deux tiers d'entre elles détiennent un diplôme de l'enseignement supérieur de niveau bac + 2 ou plus (la moitié pour les créateurs). Ces derniers sont davantage titulaires d'un CAP, BEP, ou d'un baccalauréat professionnel, probablement en lien avec des secteurs d'activité qui requièrent des formations plus courtes. Enfin, les créatrices sont globalement plus jeunes que les créateurs d'entreprise.
Des trajectoires entrepreneuriales diversifiées pour les créatrices
Plus que les hommes, les femmes créent leur entreprise dans une activité différente de leur métier précédent (57 % et 47 % des hommes), traduisant davantage de reconversion ou d'exploration de nouveaux secteurs. Avant de créer leur entreprise, deux tiers des femmes étaient en emploi, comme les hommes. Toutefois, plus d'hommes exerçaient déjà une activité indépendante ou de chef d'entreprise, tandis que les femmes étaient davantage salariées dans le privé.
La création ou la reprise d'entreprise constitue généralement une première expérience, surtout pour les femmes (80 % contre 58 % des hommes)
Les projets concernent majoritairement des créations d'entreprise non franchisée et visent à sécuriser leur propre emploi. Enfin, le soutien de l'entourage personnel constitue le principal appui pour les deux sexes.
Des moyens financiers plus limités au démarrage
Les créatrices d'entreprise sont plus nombreuses que les hommes à débuter leur activité avec moins de 1.000 euros (44 % contre 21 %). À l'inverse, les hommes déclarent plus fréquemment disposer de moyens financiers élevés, notamment de 16.000 euros ou plus (40 % contre 27 % pour les femmes).
Le recours à des ressources personnelles ou familiales constitue le principal mode de financement, tant pour les femmes que pour les hommes, et concerne 42 % des créatrices. Les emprunts bancaires professionnels arrivent ensuite, mais sont davantage mobilisés par les hommes (32 %, contre 21 % des femmes). Les dispositifs d'aide publique sont peu utilisés. Près des deux tiers des créateurs, quel que soit le sexe, n'ont bénéficié d'aucune aide.
Insee Flash Nouvelle-Aquitaine n°136 - « L'entrepreneuriat féminin gagne du terrain en Nouvelle-Aquitaine ». Cette étude a été réalisée par Justine Jollivet et Magali Julé, en partenariat avec la Direction régionale des droits des femmes et à l'égalité (DRDFE) de Nouvelle-Aquitaine.



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