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Orphée et Eurydice, une oeuvre, un mythe... tout simplement

06h00 - 22 avril 2026 - par Info Haute-Vienne
Orphée et Eurydice, une oeuvre, un mythe... tout simplement
Cette nouvelle production de l'Opéra de Limoges est servie par des interprètes de premier ordre avec Cyrille Dubois (Orphée) et Chiara Skerath (Eurydice) (© D.Hays-Unsplash)

Les 5, 7 et 10 mai au Grand-Théâtre, l'Opéra de Limoges présente une toute nouvelle production Orphée et Eurydice, une tragédie-opéra en 3 actes de Christoph Willibald Gluck (version dite « de Paris »).

Orphée, accablé par la mort de sa jeune épouse Eurydice, chante son infinie tristesse. Sa musique touche Hadès, le dieu des enfers, qui l'autorise à ramener Eurydice dans le monde des vivants. Orphée doit pour cela attendrir les gardiens des portes de l'enfer par sa musique. Sur le chemin du retour, il lui est interdit de se retourner. Mais, presque arrivé, il ne peut s'empêcher de regarder derrière lui et Eurydice meurt à nouveau.

« Orphée et Eurydice est un mythe. Les mythes, histoires en principe assez simples, nous permettent de comprendre pourquoi on vit, pourquoi on meurt et surtout comment on fait pour vivre lorsqu'on traverse des épreuves difficiles », relate Pierre-André Weitz, le metteur en scène, posant ainsi les bases de cette œuvre.

Comment faire face à la mort ?

« Concernant Orphée et Eurydice, je me suis interrogé sur la signification d'une personne qui perd quelqu'un et qui va aux enfers la chercher. Nous sommes absolument tous confrontés à la perte d'un être aimé, que ce soit quelqu'un qui a décidé de nous quitter parce qu'elle ne nous aime plus, ou bien parce que la mort est arrivée. Comment faire pour continuer à vivre avec ça ? Comment faire son deuil ? C'est une vraie question. La religion peut nous aider, certaines pratiques également, comme de s'habiller en noir ? Et il y a l'opéra qui nous dit comment faire face à la mort, comment mieux mourir », se questionne-t-il. Et d'expliquer : « Dans ma mise en scène, nous découvrons Orphée qui vient de perdre sa femme, mais il est très âgé, en fauteuil roulant, accompagné d'une infirmière, personnage de l'Amour, qui lui dit qu'il y a peut-être un moyen de retrouver celle qu'il a aimé : simplement de penser à elle. Rien n'égale la douleur de perdre quelqu'un qu'on a aimé. C'est là que l'Amour offre de l'empathie, partage sa bonté d'âme. L'Amour n'a rien à voir avec Eros dans Orphée et Eurydice, il s'agit plutôt d'un amour de l'être humain, qui comprend la souffrance et aide à la surmonter ».

Avancer sans se retourner

Dans sa proposition, le spectateur voyage dans le temps sur une période d'un siècle environ, d'aujourd'hui pour remonter jusqu'à la première guerre mondiale. Dans Orphée et Eurydice, il faut différencier le mythe de l'opéra de Gluck, la fin n'est absolument pas la même : l'opéra se termine dans la joie alors que dans le mythe, la fin est terrible ! La scénographie va permettre à Morphée de se déplacer dans ses souvenirs, retrouvant Eurydice d'abord mourante dans une chambre d'hôpital jusqu'à, au fur et à mesure du spectacle, revoir une jeune fille absolument magnifique le jour de ses noces.

« J'illustre par là le fait que la seule solution pour avancer est de continuer à vivre avec ses souvenirs, mais sans jamais se retourner. Avançons avec nos morts, main dans la main, mais si l'on se retourne, on est perdu à jamais. Le mythe d'Orphée nous dit qu'il faut aller de l'avant, fort de tout l'amour que l'on a reçu et que l'on va redonner », conclut Pierre-André Weitz.

Mardi 5 mai à 20h, jeudi 7 mai à 20h, et dimanche 10 mai à 15h. Billetterie : 05.55.45.95.95, billetterie@ operalimoges.fr, et opera limoges.notre-billetterie.fr

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