Limoges ° C
dimanche

Quid de la production bio dans la région ? (Supplément bio / transition écologique)

06h00 - 29 mars 2026 - par Info Haute-Vienne
Quid de la production bio dans la région ? (Supplément bio / transition écologique)
Certaines productions qui ne connaissaient quasiment plus d'entrées en conversion depuis plusieurs années enregistrent à nouveau quelques engagements en 2024, comme les poules pondeuses

Première région agricole de France, la Nouvelle Aquitaine se distingue par une grande diversité de productions végétales et animales, et par une dynamique de l'agriculture biologique qui, depuis 2015, s'est considérablement renforcée. 

En Nouvelle-Aquitaine, la dynamique de l'agriculture biologique montre un ralentissement après dix années d'essor continu. La baisse de la consommation en produits bio dans un contexte inflationniste, conjuguée à la transition vers la nouvelle PAC, a freiné les projets de conversion et ralenti les nouveaux engagements. Malgré ce contexte tendu, les signaux pour 2025 laissent espérer une stabilisation, voire une légère reprise.

Les surfaces bio en 2024 en Nouvelle-Aquitaine

Fin 2024, les surfaces conduites en agriculture biologique représentent 8,8 % de la surface agricole régionale. Au total, 340.570 ha sont engagés, dont 308.288 ha certifiés et 32.281 ha en conversion. La Haute-Vienne compte 27.886 ha surfaces en bio (-4,1 % vs 2023), soit 9,8 % part de la SAU en bio dont 2.768 ha de surfaces en conversion (-3,8 % vs 2023).

Les surfaces en conversion représentent 10 % du total, avec 13.180 ha en 1re année (C1) et 19.101 ha en C2/C3.

Les surfaces certifiées diminuent dans l'ensemble des départements, sauf en Corrèze, Creuse et Pyrénées-Atlantiques, qui enregistrent toutes les trois une légère hausse.

Les surfaces en conversion poursuivent leur repli dans la plupart des territoires, sauf dans les Landes (+ 61 %) et en Corrèze (+ 11 %).

Ces tendances marquent un ralentissement net après cinq années de forte dynamique. Elles traduisent une phase de consolidation plutôt qu'un recul brutal.

Les exploitations bio en Nouvelle-Aquitaine

Fin 2024, la région compte 8.902 exploitations bio (dont 584 en Haute-Vienne), soit 16,2 % des fermes du département (+ 0,7 % vs 2023), soit 13,9 % des fermes agricoles régionales. Leur nombre a été multiplié par 1,3 en cinq ans, malgré un net ralentissement observé depuis 2022.

En 2024, 532 nouvelles exploitations se sont engagées en agriculture biologique.

Les arrêts

En Nouvelle-Aquitaine, le nombre d'arrêts augmente entre 2023 et 2024, passant de 544 à 677, tous motifs confondus (arrêt total d'activité : retraite, reconversion, décès ; arrêt de l'activité bio et donc de la certification ; abandons, etc.).

Rapporté au nombre total de fermes bio, le « taux d'arrêt » est d'environ 8 %. Cette hausse s'inscrit dans un contexte déjà fragile : inflation alimentaire, baisse du marché, nouvelles contraintes réglementaires, départs en retraite non remplacés... autant de facteurs qui pèsent sur la pérennité de certains projets bio.

Productions végétales

En 2024, la dynamique des conversions végétales reste concentrée sur les mêmes productions que les années précédentes.

Les surfaces en 1re année de conversion concernent principalement les surfaces et cultures fourragères (58 %), les grandes cultures (15 %), et la vigne (10 %).

Globalement, la quasi-totalité des surfaces végétales engagées en conversion diminuent en 2024, à l'exception des PPAM, des friches/jachères/autres surfaces, qui sont les deux seules catégories en progression.

Les nouvelles exploitations en 2024 se concentrent majoritairement sur les friches/jachères/« autres surfaces » (+ 168), les fruits (+ 124), les PPAM (+ 75).

A noter : l'évolution la plus forte concerne les PPAM (+ 70 % par rapport à 2023), portée notamment par un effet d'aubaine lié à la conversion en coriandre.

Productions animales

En 2024, les conversions en productions animales poursuivent leur ralentissement, confirmant la tendance amorcée depuis 2022.

L'ensemble des cheptels en conversion diminue : vaches allaitantes, vaches laitières, brebis viande, brebis laitières, chèvres et ruches reculent tous par rapport aux niveaux élevés de 2021-2022.

On observe toutefois une évolution notable : certaines productions qui ne connaissaient quasiment plus d'entrées en conversion depuis plusieurs années enregistrent à nouveau quelques engagements en 2024. C'est le cas des porcs, poules pondeuses, autres volailles de chair, truies et poulets de chair. Les volumes restent modestes.

En termes de nouvelles exploitations, les hausses les plus importantes concernent les brebis viande (+ 19), les brebis laitières (+ 22), les chèvres (+ 12), ainsi que les autres élevages (+ 11).

Données issues de l'ORAB, Observatoire régional de l'agriculture biologique en Nouvelle-Aquitaine.

0 commentaires
Envoyer un commentaire