Soutenir Christophe Gleizes et réclamer sa libération
Alain Rousset, le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, entouré d'élus régionaux, et Dominique Pierson, la vice-présidente du Club de la Presse du Limousin, ont participé au dévoilement d'une bâche de soutien à Christophe Gleizes à l'extérieur de la Maison de la Région à Limoges. Limoges Infos 87 se joint à eux dans ce combat pour la liberté d'expression et demande la libération immédiate de notre confrère.
C'est une situation incompréhensible, si ce n'est par le prisme d'enjeux géopolitiques : la détention de Christophe Gleizes, journaliste sportif français de 36 ans, en Algérie depuis le 28 mai 2024, est insupportable.
Le 3 décembre, la cour d'appel de Tizi-Ouzou a confirmé une peine de sept ans de réclusion pour notre confrère, condamné en première instance, à la fin de juin, pour " apologie du terrorisme " et emprisonné depuis cette date. À la suite de cette décision, sa mère a transmis une demande de grâce au président algérien, Abdelmadjid Tebboune.
La justice algérienne reproche au reporter des contacts avec des personnes liées au mouvement séparatiste MAK (Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie), classé terroriste en Algérie.
Collaborateur des magazines français So Foot et Society, Christophe Gleizes s'était rendu en Algérie en mai 2024 pour un article sur le club de football le plus titré du pays, la Jeunesse sportive de Kabylie (JSK), basé à Tizi-Ouzou, à 100 kilomètres à l'est d'Alger.
Une bâche de soutien
En affichant son portrait à Poitiers, à Limoges et à Bordeaux, la Région Nouvelle-Aquitaine manifeste son soutien le plus ardent à Christophe Gleizes et à sa famille originaire d'Agen, commune du Lot-et-Garonne, département appartenant à la grande région.
Alain Rousset, le président de la Nouvelle-Aquitaine, n'a pas manqué de rappeler qu'il était inconcevable qu'aujourd'hui des Français soient otages dans le monde, et encore davantage des journalistes dans le cadre de l'exercice de leur métier. Il a insisté sur l'importance de la liberté de la presse, du droit à l'information, dans les " dictatures " reconnues, dans de nombreux pays épinglés par Reporters Sans Frontières mais il a également pointé les " nouveaux " chefs d'État qui malmènent les journalistes dans leurs valeurs d'indépendance et de déontologie, visant sans le nommer Donald Trump.
500 journalistes derrière les barreaux dans 47 pays
Le Club de la Presse du Limousin s'est toujours mobilisé pour défendre la liberté des journalistes pris en otages, non pour ce qu'ils ont fait, mais pour avoir simplement voulu informer, comme pour les otages au Liban en plantant un cèdre dans le parc Victor-Thuillat à Limoges, au pied duquel des rassemblements ont lieu régulièrement, le dernier en date remontant à janvier 2025 pour commémorer les dix ans du massacre à Charlie Hebdo.
" Nous voyons chaque jour que cette liberté est gravement mise à mal non seulement dans les dictatures, mais de plus en plus dans les pays où la démocratie est pourtant affirmée mais qui ressemblent de plus en plus à des ‘‘démocratures'', a expliqué Dominique Pierson. À l'échelle mondiale, des centaines de journalistes sont emprisonnées pour avoir refusé de se taire, et plus de 500 d'entre eux sont derrière les barreaux dans 47 pays. L'impunité de ces violences est une triste réalité : 85 % des meurtres de journalistes demeurent non résolus ".
Et de rajouter : " Ces chiffres ne sont pas de simples données : ils témoignent d'une tendance mondiale profonde. Les journalistes ne sont pas uniquement blessés et tués dans les zones de guerre : la persécution politique, le harcèlement, l'emprisonnement arbitraire, les intimidations, les abus de pouvoir, la censure numérique sont en hausse dans les pays démocratiques privant les citoyens de leur droit de savoir. En France (en 25e position selon le baromètre 2025 de Reporters Sans Frontières), rappelons également le développement des procédures baillons et des atteintes fréquentes au respect des sources. Dans son rapport sur l'année 2025, RSF souligne encore un facteur encore trop sous estimé qui fragilise la liberté de la Presse : la pression économique avec une forte concentration de la propriété, les pressions des annonceurs et une restriction des aides publiques : les médias sont clairement pris en étau entre la garantie de leur indépendance et leur survie économique ".
Libération immédiate
Le 29 janvier, une grande soirée de mobilisation, organisée par son comité de soutien à Christophe Gleizes, se déroulera à Paris. Cécile Descubes, la présidente du Club de la Presse du Limousin, sera présente.
Dans ce combat pour la liberté d'expression, Limoges Infos 87 est aux côtés de la Région Nouvelle-Aquitaine et du Club de la Presse, demandant la libération immédiate de notre confrère.



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