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Jean-Michel et Elie Leygonie : un duo familial jazzy-jazzy

07h00 - 14 avril 2022
Jean-Michel et Elie Leygonie : un duo familial jazzy-jazzy
Complicité entre père et fils - © @ Jean-Baptiste Millot

En 2011, l'UNESCO a initié la Journée internationale du jazz, fixée le 30 avril. L'occasion de dresser un portrait croisé de Jean-Michel et Elie Leygonie, père et fils travaillant pour le Festival Éclats d'Émail.

Si Jean-Michel Leygonie est bien connu des aficionados de jazz, en tant que directeur artistique du Festival Éclats d'Émail, Elie, son fils, l'est beaucoup moins. Certainement parce qu'en tant que chargé de production, il officie plutôt en coulisses. Pourtant, l'un et l'autre concourent amplement à la réussite de ce rendez-vous, réunissant grands noms et « débutants » de la scène française et internationale.

Est-ce qu'ils étaient destinés à travailler ensemble ? Pas forcément. Pourtant aujourd'hui, en toute complicité et confiance, ils forment un duo familial compétent qui s'illustre dans une complémentarité grandissante.

JEAN-MICHEL

Né à Marseille, Jean-Michel a vécu à Berre-l'Étang, passant ses vacances en Corrèze, ayant des attaches familiales à Tulle.

Alors lycéen à Salon-de-Provence, il se souvient : « Quand je sortais du lycée, j'allais traîner à » Arpège « , un disquaire où il y avait deux cabines dans lesquelles j'allais écouter des 33 tours ; et dans une librairie, comme » Page et Plume « à Limoges, avec un ''salon'' pour lire. J'ai manqué énormément de cours... ». Sa première rencontre avec le jazz ? « Au festival de jazz dans l'enceinte du château de l'Empéri juste après le bac. J'y ai participé, ça m'a plu », raconte-t-il.

En 1983, il s'installe à Limoges pour des raisons sentimentales. Il combine alors son travail au sein du lycée Bernard de Ventadour à Ussel et sa présidence du foyer rural de La Roche-Canillac, qui propose une riche programmation culturelle.

BOULIMIQUE DE TRAVAIL

Par la suite, Jean-Michel va quasiment toujours occuper des postes qu'il a lui-même créés. En 1989, à la suite du succès des concerts qu'il organise via le foyer rural, il devient chargé de mission pour les musiques actuelles en Limousin. Il conçoit le premier programme de formation professionnelle à modules courts « Fini les galères » pour les artistes et techniciens du spectacle, qui sera décliné dans d'autres régions.

De 1989 à 1996, il va apporter son aide et son expertise aux associations afin que celles-ci puissent constituer des dossiers pour équiper les lieux en son et lumière. De 1996 à 2002, il ajoute une corde à son arc avec sa société de multimédia « Ultime », puis avec un bureau d'études d'ingénierie culturelle « Orane Khalil Développement ». Boulimique de travail et de projets, il accepte de prendre en charge l'ouverture de Laborie au jazz au-delà du baroque. Ainsi, verra le jour en 2006 le label Laborie avec différents départements, que Jean-Michel rachètera en 2017.

FEE

2006 est une année phare dans la carrière de ce dernier, avec la naissance du Festival Éclats d'Émail, pour répondre à un vide laissé après l'arrêt en 1998 de Jazz en Limousin.

Depuis, le directeur artistique de FEE n'a eu de cesse de faire monter en puissance cette manifestation : « Le jazz est une musique de liberté. Depuis 2002, j'y ai consacré 200 % de ma vie. Quand je fais écouter un artiste de jazz, neuf fois sur dix, on me répond : c'est vachement bien ! Pourtant, rien ne permet d'écouter du jazz de façon accessible et facile hormis FIP, TSF Jazz, qui sont méconnus. Il y a un fort décalage entre les qualités de cette musique, ce qu'elle peut apporter et son accessibilité ».

ELIE

Face à ce cheminement, on aurait pu imaginer qu'Elie, biberonné au jazz, ait souhaité marcher dans les pas de son père. Que nenni. Après une licence de droit, un Master 1 de droit des affaires, il choisit un Master 2 Administration des entreprises à l'IAE, pour lequel il doit réaliser un stage de six mois. Il l'effectue de février à juillet 2017 à « Orane Khalil Développement ».

« J'avais 24 ans, je n'écoutais pas spécialement du jazz hormis les concerts auxquels j'assistais en tant que spectateurs. J'étais plutôt variété, rap... En revanche, j'ai été passionné par la construction d'un événement viable, la sortie d'un album, collaborer afin que tout se passe bien, bâtir un budget à l'équilibre avec un salaire pour chacun ».

Après trois années en auto-entrepreneur, en 2020, il est embauché en CDI à plein temps comme chargé de production par l'association qui gère le festival dans laquelle son père n'est aucunement partie prenante ; et est prestataire pour le label depuis 2022.

« On n'aborde pas la façon de travailler avec un proche comme un autre employeur. On peut se parler, se dire les choses même si en fait, on ne se connaît pas sous cet angle. Au fur et à mesure des années, on se retrouve sur des idées », confie Elie.

Et Jean-Michel d'avouer : « Maintenant, Elie sait tout gérer. Depuis le début, il est associé à tout. Le Festival va beaucoup mieux depuis qu'il est là. Il se réalise en tant que jeune homme, je le vois évoluer. Je lui fais absolument confiance ».

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