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« A l'Union, les propositions de cette saison sont riches et fortes »

10h00 - 14 octobre 2021
« A l'Union, les propositions de cette saison sont riches et fortes »
« J'ai proposé un projet sur le vivant avec des questionnements liés à l'écologie,au vivre-ensemble » (© Marjolaine Moulin) - ©

Depuis le 1er septembre, Aurélie Van Den Daele est la nouvelle directrice du Théâtre de l'Union à Limoges. Rencontre avec une femme dynamique aux envies foisonnantes.

Aurélie Van Den Daele, qui êtes-vous ?

Je suis metteuse en scène et pédagogue. Ma spécificité est la mise en scène de textes contemporains qui explorent les grands événements de l'histoire récente comme l'arrivée du SIDA aux États-Unis dans les années 80, ou la défaite du parti travailliste en Grande-Bretagne dans les années 90... Avec la compagnie Deug Doen Group, nous nous servons de ces faits historiques pour raconter l'intime et les destinées d'êtres pris dans ces mouvements. Nous avons collaboré avec des interprètes proches des techniques d'aujourd'hui pour voir comment nous pouvions intégrer ces langages dans un travail d'interprétation. Notre autre « singularité » s'attache au travail de transmission artistique. Le premier lieu à nous soutenir a été le Théâtre de l'Aquarium à La Cartoucherie à Paris. Par la suite, nous avons toujours rayonné pour proposer des actions à destination de plusieurs publics qu'ils soient scolaire, associatif, militant...

Pourquoi avoir candidaté pour le poste de directrice de l'Union à Limoges ?

Carole Thibaut, la directrice du centre dramatique national de Montluçon, m'a mis l'eau à la bouche. Je voulais voir ce que c'était de diriger un lieu en tant qu'artiste, comment on pouvait apporter notre pierre à l'édifice en accompagnant les artistes. Mon passage au Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine m'a permis de connaître cette grande région. Pour le CDN de Limoges, j'ai vraiment proposé un projet sur le vivant avec des questionnements liés à l'écologie, au vivre-ensemble... En parallèle, je mène un « grand » projet sur la forêt et le Limousin paraissait être l'écrin idéal.

Quels sont les rendez-vous immanquables de cette saison, même si elle a été largement élaborée par votre prédécesseur ?

Les propositions de cette saison sont riches et fortes... Le choix est difficile. En exclusivité en Nouvelle-Aquitaine, Alain Françon revisite « La seconde surprise de l'Amour » un grand classique de Marivaux. On peut également citer « Fraternité », un conte fantastique de Caroline Guiela Nguyen, qui s'inscrit dans une vaste tournée avec des dates à Stockholm, Madrid, Bruxelles... J'ai vu ce spectacle à Avignon : il s'agit d'une magnifique fresque cathartique sur la consolation, la fraternité... Parce qu'on peut venir à l'Union en famille, nous proposons « La Petite Fille qui dit non » avec un texte et une mise en scène de Carole Thibaut, qui est une version contemporaine du « Petit Chaperon rouge ». Enfin, des artistes de la région, car nous souhaitons apporter notre soutien aux compagnies régionales : le comédien Denis Lavant et le jongleur Nikolaus Holz, réunis par la metteuse en scène Karelle Prugnaud, présentent « Mister Tambourine Man ».

Vous avez pu choisir deux temps à programmer...

J'ai sélectionné Elsa Granat avec une adaptation du « Roi Lear » au mois de mars. En décembre, avec Deug Doen Group, je reprends « Angels in America », un monument du théâtre américain écrit par Tony Kushner. C'est un spectacle emblématique qui nous a fait connaître.

Qu'en est-il de l'Académie de l'Union ?

Étant intervenue à plusieurs reprises dans des écoles nationales de formation d'acteurs et de metteurs en scène ces dernières années, l'Académie de l'Union a été l'un des moteurs de ma candidature, en me demandant comment on pouvait accompagner de jeunes comédiens, notamment dans cette situation complexe actuelle liée à la crise sanitaire. À ce titre, dans la saison, Simon Mauclair, issu de l'Académie, propose une adaptation du roman « L'homme qui tombe » de Don DeLillo, évoquant les attentats du 11 septembre 2001, montrant le lien entre le Théâtre et l'Académie, qui est une formidable pépinière d'artistes. J'ai hâte de les rencontrer.

Dans quel état d'esprit avez-vous senti les salariés et les étudiants après le climat de tension qu'il y a eu avec Jean Lambert-wild ?

Lors de la journée de rencontre avec les équipes du Théâtre et de l'Académie, j'ai senti beaucoup d'envies, de créativité, d'inventivité, avec la nécessité de tourner une page et d'en écrire une nouvelle.

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