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Le Département peut-il basculer à droite ?

08h25 - 09 juin 2021
Le Département peut-il basculer à droite ?
Le Département de la Haute-Vienne est historiquement à gauche - ©

Dimanche 20 et 27 juin ont lieu, entre autres, les élections départementales. Interview du politologue limougeaud Thomas Marty, sur les réels enjeux de ce scrutin.

Quels sont les enjeux de ces élections départementales ?

En 2014 sont apparus de nouveaux cantons. En Haute-Vienne, la majorité de gauche s'est effritée entre 2008 et 2015, passant de 37 conseillers à 30 sur 42 après 2015. Avec la consolidation de la droite, notamment sur Limoges avec les élections municipales de l'année dernière, se pose la question d'une continuité de la domination à gauche du Conseil départemental.

Y'a-t-il un réel risque de basculement ?

Suivant la " couleur ", il faudrait qu'il y ait quatre à cinq cantons qui basculent, ce qui est somme toute assez peu probable. Mais il peut y avoir un rapport de force plus équilibré. En revanche, une bascule parmi les neuf cantons de Limoges changerait un peu la donne, en outre dans les rapports entre les différentes collectivités, entre la Ville et Limoges Métropole d'un côté et le Département de l'autre. Tout demeure " ouvert " car nous risquons d'avoir une faible participation, même si elle est toujours en Haute-Vienne et en Limousin un peu plus forte qu'à l'échelon national. Malgré tout, avec le contexte sanitaire, on pourrait passer la barre d'une abstention à plus de 50%, notamment dans les quartiers populaires limougeauds.

Qu'en est-il du canton Limoges 1 ?

Sur Limoges 1 autour de Landouge, canton perdu par la gauche en 2004, Véronique Guilhat-Barret et l'ancien basketteur Stéphane Ostrowski, le binôme de gauche, sont deux candidats relativement " neufs " en politique, sans mandat électif, plutôt issus de la société civile et de la vie associative. Sur tous les bureaux de vote de ce canton, Émile Roger Lombertie a fait plus de 50% au premier tour en 2020, voire à 59%, donc le rapport de force est défavorable à la gauche. C'est un canton qui est un enjeu en termes de poursuite de la conquête municipale à droite, d'autant que Thierry Miguel y a fait des scores relativement faibles.

Peut-on parler de " reclassement " avec l'arrivée de La République en Marche sur l'échiquier politique ?

On assiste à un grand " reclassement " en Haute-Vienne et singulièrement sur Limoges. En 2015, Véronique Guilhat-Barret était candidate avec Matthieu Parneix, qui depuis est passé à LReM, appartient à la majorité municipale à Limoges, et est actuellement candidat aux élections régionales sous l'étiquette LReM. Aujourd'hui, Véronique Guilhat-Barret a en suppléance François Nadaud, qui était à l'initiative de la liste Boulestin-Djebbari (centre-LReM) aux municipales à Limoges. À droite, c'est un peu à l'identique : les deux candidats sortants, Christian Hanus avec une liste dissidente, et Nathalie Mézille se représentent sur deux listes.

Quid de Limoges 4 ?

Le schéma politique est un peu le même avec un " reclassement ". Marlène Laloge et Pierre Lefort, ex-élu PS, repartent. La fille de ce dernier Marie de Ferluc, candidate Printemps pour Limoges pour les municipales, se présente contre la majorité départementale. Tout cela peut peut-être perdre les électeurs... Contrairement à Limoges 1, un binôme Rassemblement National, Christiane Gédoux et Cyril Louic, est présent sur le canton de Limoges 4, où en 2015, Vincent Gérard et Christine Marty, qui étaient plus connus, avaient été qualifiés au second tour. Mais, Christiane Gédoux et Cyril Louic peuvent bénéficier du " vent du national ". Sur ce canton très abstentionniste, il y a peu de chances d'avoir une triangulaire au second tour.

Pensez-vous que Panazol puisse basculer après l'élection de Fabien Doucet aux municipales ?

À Panazol, les départementales sont une poursuite des élections municipales soit avec des candidats vainqueurs soit des battus, avec à gauche Gaston Chassain, le maire de Feytiat, compatible avec le développement de la métropole, et à droite-centre-LReM Isabelle Négrier, la première adjointe de Fabien Doucet. Le risque de basculement est également lié au fait que les sortants de gauche Laurent Lafaye et Martine Nouhaud ne se représentent pas.

La campagne plutôt sur les réseaux sociaux peut-elle influencer les résultats ?

La campagne des départementales n'est pas grand public, et est plutôt menée auprès des élus locaux, comme des " petites sénatoriales ". Malgré l'assouplissement des mesures sanitaires, sur le terrain, les distributions de tracts et les rencontres sur les marchés sont moins fréquentes : on a essentiellement une campagne sur les réseaux sociaux, dite " de projets " entre les forces politiques.

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