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Alphonse Bertillon a posé ses instruments à la BFM

06h00 - 26 mai 2026 - par Info Haute-Vienne
Alphonse Bertillon a posé ses instruments à la BFM
Pierre Piazza, le commissaire de l'exposition, a présenté les différents supports du « bertillonnage » (© Jacques Grare)

Jusqu'au 29 août à la Bfm centre-ville de Limoges, l'association Vins Noirs présente « La science à la poursuite du crime Alphonse Bertillon, pionnier des experts policiers », une exposition sur le père de la police scientifique.

Comme le confirme Franck Linol, auteur de nombreux polars, « dans tous les romans, même ceux de science-fiction, je crois que le cœur de la réussite, c'est la crédibilité. Si au bout de 20 pages, le lecteur n'y croit pas, ça ne marche pas. Depuis mes premiers romans, je me suis beaucoup documenté et j'ai rencontré, évidemment, des enquêteurs de la police ».

Ces précisions techniques sont d'autant plus importantes à l'heure où les séries policières inondent les chaînes de télévision. « L'adage qui veut que l'auteur ait laissé une trace est toujours d'actualité. Lorsque les services d'enquête arrivent sur une scène de crime, la première chose qu'ils font est de veiller à ne pas souiller la scène de crime, qu'ils vont donc s'attacher à geler », explique Xavier Pasturel, magistrat et président de l'association Vins Noirs. C'est Alphonse Bertillon (1853-1914), qui a eu cette intuition qu'il fallait ne rien toucher, tout photographier, parce que parfois, des éléments qui paraissent anodins peuvent être déterminants dans la manifestation de la vérité. « Cette année, notre idée était de présenter au grand public une exposition de qualité sur la police technique et scientifique, et durant le salon Vins Noirs, d'avoir des tables rondes sur les grandes enquêtes actuelles et passées, avec cette dimension scientifique », ajoute le président, qui a confié à Pierre Piazza, maître de conférences en science politique, le soin de monter cette exposition. « À partir de la fin du XIXe siècle, Alphonse Bertillon est obsédé par l'impératif de reconnaissance des délinquants récidivistes qui dissimulent régulièrement leur véritable identité afin de pouvoir échapper aux mesures répressives que leur réserve l'État », commente l'universitaire lors de la présentation de cette exposition qui présente quelques instruments de mesure inventés par Bertillon, pour développer une « anthropométrie judiciaire » qu'il n'aura de cesse de perfectionner, en rationalisant notamment les usages policiers de la photographie, du signalement et des stigmates corporels, fichant à tour de bras toutes sortes de délinquants. Car, au-delà de l'empreinte digitale, le scientifique relevait la taille et la forme du lobe de l'oreille, celui que les cambrioleurs collent sur la porte pour capter l'ambiance du local dans lequel ils s'apprêtent à pénétrer. « Bertillon prétendait que sa méthode permet, en vingt secondes, d'affirmer l'identité d'un individu et de remplacer tout un état civil », renchérit Pierre Piazza. Le « bertillonnage » s'impose aussi progressivement comme un nouvel instrument qui est de plus en plus employé pour contrôler et surveiller des catégories d'individus stigmatisés par les pouvoirs publics comme dangereuses ou potentiellement menaçantes et qui font toujours autant débat aujourd'hui.

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