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66 % des lycéens stressés par Parcoursup

09h15 - 25 janvier 2023
66 % des lycéens stressés par Parcoursup

S'appuyant sur sa plateforme d'orientation post-bac INSPIRE-orientation.org qui compte plus de 100 000 lycéens inscrits, Article 1 a interrogé 700 élèves de Première et Terminale sur leur état d'esprit face à leurs choix d'orientation et l'impact du contexte économique sur leurs décisions.

Ce sont 59 % des lycéens, qui déclarent n'avoir pas été suffisamment accompagnés dans leurs choix d'orientation depuis la rentrée (vs 54 % en 2019, avant les années de crise). Une tendance qui s'aggrave donc au fil des années et des crises successives.

Ainsi, à quelques jours avant l'ouverture des vœux sur Parcoursup : 66 % d'entre eux sont stressés et paniqués (vs 59 % en 2019), 49 % sont encore hésitants sur leurs choix d'orientation (vs 47 % 2019), et 19 % sont encore perdus et ne savent pas quoi faire après leur baccalauréat (vs 17 % en 2019).

SOURCE D'INFORMATION

Un constat d'autant plus inquiétant que les sources d'informations principales des lycéens (salons, journées portes ouvertes, relation de proximité avec leurs enseignants), mises en veille par le Covid pendant près de trois ans, sont cette année pleinement disponibles.

Et lorsqu'il est question de comprendre comment ils se renseignent et se nourrissent pour effectuer ces choix d'orientation, ils déclarent se tourner à 43 % vers les sites web dédiés à l'orientation (vs 58 % en 2019), à 41 % vers des étudiants (vs 65 % en 2019), et à 32 % seulement vers la famille ou les amis (vs 55 % en 2019).

Quant aux figures de référence du milieu scolaire, dont le rôle est pourtant celui d'accompagner ces jeunes dans leurs choix d'orientation, ils ne sont pas perçus par les lycéens comme les leviers les plus utiles pour faire ses choix. L'échange avec le professeur principal prend presque deux fois moins de place pour les lycéens : 26 % (vs 42,2 % en 2019) et le conseiller d'orientation n'est cité que par 17,4 % des lycéens sondés.

« À l'heure des choix capitaux, les lycéens doivent composer avec une pression folle, résultante immédiate de la réforme du bac, des impacts encore présents de la crise Covid puis de la crise économique et sociale. Cela engendre un renforcement des phénomènes d'autocensure et de difficultés de projection vers l'avenir, pour tous les jeunes, et encore plus pour les plus socialement fragiles, qui s'interrogent beaucoup pour savoir comment ils vont être évalués, orientés et accueillis dans l'enseignement supérieur. Nous devons renforcer notre accompagnement auprès des lycéens pour aborder ces sujets cruciaux que sont l'orientation post bac, le fonctionnement des études supérieures et du monde professionnel... C'est ce qui distingue le parcours INSPIRE qui combine à la fois des ateliers dans les lycées et un site web mettant les lycéens en relation avec de jeunes étudiants, pour dédramatiser et rendre concrète l'orientation » poursuit Benjamin Blavier, le président-fondateur d'Article 1.

INFLATION

Si 42 % des lycéens interrogés vont devoir prêter une attention particulière à leur budget pour leur entrée dans la vie étudiante, pour 12 % d'entre eux les conséquences liées au contexte économique sont nettement plus brutales : ils envisagent de renoncer à certains de leurs choix d'orientation.

Autre constat, ils sont 13 % à devoir trouver une formation plus près de leur domicile actuel pour éviter les coûts liés. En effet, entre les frais de scolarité, le logement et l'alimentation, le budget à allouer est bien trop élevé pour être assumé.

Enfin, interrogés sur l'impact de l'inflation sur leurs choix professionnels, près de 38 % des lycéens sondés hésitent ou affirment qu'ils vont choisir une autre filière.

Ils invoquent trois raisons principales : les métiers finaux y rapportent plus d'argent ; les débouchés professionnels sont plus nombreux ; et les études sont plus courtes et permettent de travailler plus rapidement.

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