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Chauffage collectif : Pas si économique... (dossier spécial habitat)

09h00 - 17 septembre 2022
Chauffage collectif : Pas si économique... (dossier spécial habitat)
Ce boîtier permet d'individualiser la consommation

Lorsqu'il a fallu reconstruire rapidement le pays après la guerre, le choix du chauffage collectif s'est majoritairement imposé comme une solution simple et économique. Mais, face à la flambée des prix de l'énergie, il risque de devenir un piège financier pour de nombreux ménages.

Le chauffage collectif a longtemps simplifié la vie des promoteurs immobiliers et des résidents, qui n'avaient plus à se soucier de l'entretien et bénéficiaient d'un gain de place non négligeable dans les petits logements, puisque la chaudière était au sous-sol de l'immeuble.

La mutualisation des coûts d'installation et d'approvisionnement en combustible rendait l'opération séduisante. En revanche, la gestion collective des équipements engendrait souvent un manque de réactivité sur la mise en route ou l'arrêt du chauffage. Un inconvénient de taille car il générait de l'inconfort dans des logements qui mettaient d'autant plus du temps à se réchauffer que l'immeuble était grand. C'est sûrement l'une des raisons du léger désintérêt pour ce mode de chauffage au profit de l'individuel. Ainsi, selon l'Insee, en 2019, sur les 72 791 appartements de Limoges, servant de résidence principale, 28 873 d'entre eux, soit 35,5 % du parc, étaient équipés d'un chauffage collectif. En 2008, ce taux d'équipement était de 37 %.

L'autre désagrément porte sur la difficulté de réguler la température dans des logements et de faire des économies, d'autant que jusqu'à l'arrivée du décret n° 2016-710, la facture d'énergie était répartie en fonction de la surface des appartements, sans tenir compte de l'usage que les occupants en faisaient. Ce type de répartition n'incitait pas aux efforts d'isolation, qui n'étaient pas récompensés financièrement à leur juste valeur.

INDIVIDUALISATION

À partir de mars 2017, plus de 2 millions de logements bénéficiant du chauffage collectif ont dû s'équiper d'un boîtier posé sur le radiateur destiné à comptabiliser les calories consommées.

En règle générale, ces répartiteurs de frais de chauffage sont installés, entretenus et gérés par des sociétés spécialisées, qui calculent le coût du chauffage à répartir en se basant sur les factures de combustible. Des facteurs de correction sont appliqués pour prendre en compte l'exposition ou la situation de la pièce dans l'immeuble. La répartition ne porte pas sur la consommation globale, car le décret a prévu qu'environ un tiers serait facturé sur la base de la surface, comme avant, afin que tout le monde, y compris ceux qui consomment peu car souvent absents, continuent de contribuer à l'entretien du chauffage.

Pour remplir pleinement sa mission de responsabilisation sur le coût réel du chauffage, ce dispositif doit être installé sur des radiateurs équipés de robinets thermostatiques, permettant de moduler la quantité de chauffage nécessaire, au lieu, comme cela se voyait fréquemment, que les occupants soient contraints d'ouvrir les fenêtres pour rafraîchir le logement en plein hiver. Le principal inconvénient de cette répartition des frais de chauffage, c'est qu'elle n'intervient qu'à l'issue de la saison de chauffe, ce qui oblige les syndics à appeler les provisions de charges de chauffage en se basant sur la surface, comme c'était le cas avant. Et avec la hausse du prix de l'énergie, cela pourrait rapidement devenir un véritable gouffre financier.

En effet, comme certaines entreprises ou collectivités, les copropriétés équipées d'une grosse chaudière sont, depuis plusieurs années, obligées d'acheter leur gaz au prix du marché. Elles subissent actuellement une importante hausse du coût de l'énergie, ce qui va contraindre les résidents à appliquer la température maximale autorisée par l'article R241-26 du décret n°2015-1823 du 30 décembre 2015, soit 19° en moyenne le jour et 17° la nuit. Et de baisser leur chauffage lorsqu'ils s'absentent, d'où l'intérêt d'installer des régulateurs programmables.

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