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Rentrée : bons ou mauvais souvenirs ?

12h00 - 30 août 2022
Rentrée : bons ou mauvais souvenirs ?
Massimo Cancellieri

Limoges Infos 87 a ouvert ses colonnes à des acteurs politiques, économiques, sportifs, culturels afin qu'ils nous confient leurs souvenirs de rentrée scolaire.

Massimo Cancellieri

L'entraîneur du Limoges CSP raconte : « Le meilleur souvenir fut quand j'ai rencontré ma fiancée. J'ai arrêté d'étudier après une semaine afin de sortir le plus possible avec elle », et rajoute en s'amusant : « Et pour lui faire un bisou dans les toilettes ».

De façon générale, Massimo Cancellieri n'est pas un « traumatisé » de la rentrée scolaire : « Pour moi, c'était agréable car j'aimais l'école. Non pas pour étudier mais pour m'amuser avec les autres élèves. Je me rappelle une fois, à Teramo, lors de la rentrée, j'avais un examen de rattrapage, je n'avais pas étudié. Il s'est bien passé mais j'ai été chanceux. En revanche, la veille a été un cauchemar pour moi ».

Parmi tous les enseignants qui ont jalonné sa scolarité, le coach se souvient de son professeur de philosophie : « M. Lino m'a beaucoup marqué car il m'a appris que la vision de la vie n'est pas forcément unique. Tu peux avoir une perspective plus large, afin d'élargir ton expérience et vivre mieux ». Moins sérieusement, Massimo relate sourire aux lèvres : « Une fois, j'étais en face de l'école, un jour où nous avions organisé une grève. Nous avions formé une barrière humaine pour ne pas permettre aux gens de rentrer dans l'école. La seule personne qui est rentrée à ce moment a été celui qui a formé la barricade, c'est-à-dire : moi ».

Émile Roger Lombertie

« Il me revient le souvenir ému de ma rentrée en CP. Ma fierté d'enfant de partir à pied pour l'école avec mes voisins, revêtu de ma blouse et de mes galoches tout neufs. J'ai été accueilli par une institutrice très gentille mais j'ai été très déçu d'être placé chez les petits et cantonné à faire des bûchettes dès le premier jour, car je savais déjà lire, écrire et compter. Je voulais faire les exercices des grands mais l'institutrice me l'interdisait. Bien contrit, je faisais néanmoins défiler les réponses dans ma tête, confie le maire de Limoges. Mais j'ai bien pris conscience alors que c'est l'institutrice qui commandait dans la classe, pris conscience de la discipline, de l'obéissance mais aussi des valeurs qui découlent de l'écriture, des cours de maintien ou des leçons de morale. Le comportement de dévouement et de rigueur des instituteurs m'a beaucoup apporté, moi l'enfant un peu turbulent et hyperactif ».

L'édile se remémore également sa rentrée en 6e : « J'avais une certaine appréhension de quitter mon école de Champagnac-la-Rivière. Non parce qu'il fallait parcourir 6 km à vélo deux fois par jour pour rejoindre Oradour-sur-Vayres mais parce que c'était la ville et j'y étais l'enfant d'un village. Cela a marqué toute ma scolarité. Déjà à l'école de Champagnac, j'étais l'enfant du hameau. Mais dès lors que j'ai reconnu mon professeur de mathématiques/sciences naturelles (qui passait régulièrement saluer mes parents avant d'aller chasser sur leurs terres), j'ai compris que quelles que soient ses origines, l'école de la République donnait sa chance de réussite à qui voulait bien s'y impliquer ».

Pierre Massy

Le président de la CCI de Limoges se plaît à partager cette « coïncidence » : « Il y a tout juste 40 ans, avec la boule au ventre, je faisais ma rentrée au lycée Caraminot à Égletons, qui était à 120 km de chez moi et à 1 h 30 de route à l'époque. Je n'avais jamais mangé à la cantine, je ne connaissais pas l'internat. La séparation avec mes parents a été rude. Je n'imaginais pas que 40 ans plus tard, je reviendrais une fois par semaine à Égletons, par passion pour les travaux publics ». D'ailleurs, l'un des enseignants qu'il n'a pas oublié, outre Jeanne Reilhac, son institutrice de CP, est Jean-Paul Baudet, son premier prof de génie civil, celui qui lui a fait aimer ce qu'il fait aujourd'hui. Sans omettre Henri Brousse, le proviseur du lycée Caraminot.

Alain Rousset

Pour le président de la Région Nouvelle-Aquitaine, la rentrée est l'occasion de confier le choc culturel qu'il a vécu lors de son entrée à Sciences Po à Paris : « Le décalage culturel ce n'est pas que du cinéma ou du ''ressenti'' : il me revient une anecdote très personnelle. Quand j'apprends, par mon père qui m'appelle pour m'annoncer la nouvelle, que je suis admis à Sciences Po Paris, je suis en train de faire les vendanges dans le Beaujolais, parce qu'il fallait bien que je gagne un peu ma vie pour payer une partie de mes études. Je monte à Paris dans la nuit, muni d'une seule adresse, celle d'une cousine concierge rue Turbigo. Je fonce pour suivre alors mon premier cours. Parce que je croyais qu'il fallait être présent dès le premier cours. J'arrive légèrement en retard... Je descends tout l'amphi pour trouver une place en bas. La fille à côté de moi, j'apprendrai vite que son père est recteur de l'Académie de Lille, regarde mes mains noires du tanin des raisins du Beaujolais. J'arrivais d'ailleurs à peine à écrire tellement mes phalanges étaient engourdies. Je crois que je n'oublierais jamais son regard. Elle a dû se demander qui était ce ''manœuvre'', avec des mains pareilles, qui venait s'asseoir auprès d'elle, pour prendre en notes le même cours qu'elle... Elle est devenue une amie... ».

Aurélie Van Den Daele

Pour la directrice du Théâtre de l'Union, la rentrée était « synonyme de fin de mes aventures estivales avec mes grands-parents belges adeptes du camping et grainetiers, donc des incroyables sources d'inspiration et de joie ! Il fallait revenir et la rentrée réservait son lot de surprises (avec qui serions-nous dans la classe ? quel maître ou quelle maîtresse, quel prof principal ?), son lot de déceptions parce que nous n'étions pas dans la classe avec les camarades les plus proches, et son lot de joies tout de même avec les visages familiers avec qui on a tant à se raconter ».

Durant toute sa scolarité, deux rentrées l'ont particulièrement marquée : celle post-déménagement « on est terriblement à l'épreuve étant la nouvelle » et celle du lycée parce que « c'est enfin la liberté car je partais en bus jusqu'à Grenoble ». Et puis, il y a eu cette rencontre avec une prof de français, qui était également sa prof principale : « Elle me fascine dès la première seconde où je la vois : remplie de bijoux, très charismatique et surtout son art de la joie. Elle disait : « Ici, on ne fera rien de pareil aux autres, mais nous plongerons avec curiosité dans l'art ». C'est ce qu'elle a fait toute cette année-là, nous emmenant sur les chemins de traverse vers des œuvres à la marge, humanistes et puissantes ».

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