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Guillaume Guérin est le nouveau maire de Limoges

08h45 - 23 mars 2026 - par Info Haute-Vienne
Guillaume Guérin est le nouveau maire de Limoges
Guillaume Guérin devant son local de campagne après l'annonce des résultats (© Flash FM)

Certains annonçaient un résultat serré, à quelques voix près, entre les listes « Limoges Front Populaire - Union de la gauche sociale et écologiste » et « Limoges en Partage », portées respectivement par Damien Maudet-Thierry Miguel et Guillaume Guérin. Au final, ce dernier a été élu maire à 51,25 %.

C'est un choix dans la continuité... de gestion. Si Guillaume Guérin, 38 ans, est élu pour la première fois sur son nom, il est largement connu des Limougeauds pour être adjoint aux finances depuis 2020 après avoir été premier adjoint en 2014, et président de la communauté urbaine Limoges Métropole.

Dimanche au soir, la liste « Limoges en Partage » qu'il conduisait, est donc arrivée en tête avec 22.797 voix, « Avec Lombertie, soyons fiers de Limoges » s'étant retirée et « Réunir Limoges » de Vincent Léonie n'ayant pas pu se maintenir.

Devant son local de campagne avenue Garibaldi, après avoir répété à plusieurs reprises considérer « ce résultat avec humilité », le nouveau maire de Limoges qui prendra ses fonctions officiellement lors d'une séance d'installation ce vendredi, a lancé à ses militants et colistiers : « Soyez polis et courtois avec les agents, du DGS à la catégorie C. Sans eux, il n'y a pas la capacité à gérer cette cité. J'attends de vous que vous ayez un comportement irréprochable ».

Vote utile, vote barrage

Il a, par ailleurs, déclaré : « Le score du premier tour qui nous avait déjà mis en tête était un vote d'adhésion, à la fois d'approbation du bilan qui était le mien, mais aussi un vote d'approbation de nos propositions. Lors du second tour, nous avons clairement bénéficié d'un vote barrage d'une partie du Parti socialiste et je tiens à saluer les figures du PS qui m'ont soutenu à l'entre-deux-tours comme Marie-François Pérol-Dumont et Catherine Beaubatie. C'était la fusion de la honte, inadmissible tant sur le fond que sur la forme, que beaucoup ont dénoncée ». Il a remercié « les électeurs du Rassemblement national qui ont fait le choix d'un vote utile alors qu'ils avaient une liste sur laquelle ils auraient pu se prononcer ».

Fervent défenseur de sa méthode de co-gestion à Limoges Métropole, Guillaume Guérin, rassembleur avec une liste d'ouverture dès le premier tour et cultivant une politique « consensuelle », n'a pas manqué de s'appuyer sur son bilan à la communauté urbaine, à laquelle il est candidat à sa succession comme président : « J'ai assez peu goûté les attaques d'une partie du PS pendant cet entre-deux-tours expliquant que le bilan était mauvais, qu'on n'avait rien fait. Mais c'est également leur bilan puisqu'ils ont voté 98,2 % des délibérations à la Métropole pendant 6 ans et ont voté tous les budgets ».

Une alliance qui passe mal

Après des tractations, Thierry Miguel (PS) a rejoint Damien Maudet (LFI) à l'entre-deux-tours. Une alliance clivante loin de faire l'unanimité chez les socialistes au niveau national et local, parmi les sympathisants comme les électeurs de gauche.

Force est de constater que ce choix n'a pas su convaincre les abstentionnistes et autres indécis : « Limoges Front Populaire - Union de la gauche sociale et écologiste » a recueilli 40,92 % soit 18.158 voix alors qu'au premier tour, « Pour Limoges Thierry Miguel » enregistrait 7.251 voix et « Limoges Front Populaire » cumulait 10.656 voix.

Salle Jean-Pierre Timbaud, où se sont rassemblées 250 personnes, Damien Maudet, qui voit toutefois dans ce score « un immense espoir pour les Limougeaudes et les Limougeauds », recontextualise la situation à l'échelon hexagonal : « La déception que j'ai ce soir pour Limoges n'est pas à la hauteur de l'inquiétude que j'ai pour le pays quand je vois que la gauche perd des villes très importantes comme Poitiers et Clermont. Quand la gauche pense qu'elle peut progresser en diabolisant et en dénigrant une autre partie de la gauche, c'est finalement la droite qui gagne. Et quand la gauche ne vote pas pour le reste de la gauche, l'extrême droite, elle, n'a aucun mal à voter pour la droite. SI nous ne voyons pas le danger qui est face à nous, toutes les valeurs de solidarité, d'unité, de respect, de fraternité risquent de disparaître partout dans le pays ».

Et de conclure : « Nous allons rester fidèles à ce qu'on a fait durant cette campagne, avec loyauté, respect, dignité. Nous devons garder la tête haute car il y a encore beaucoup de victoires à gagner, de batailles à mener ».

Thierry Miguel se retire

Pour Thierry Miguel, « de nombreuses voix du Rassemblement national se sont portées sur la liste de Guillaume Guérin montrant une porosité entre les deux électorats. La France se droitise de plus en plus. L'union de la gauche n'est pas parvenue à inverser la vapeur. Tout ceci nous incite à avoir une réflexion plus importante pour l'avenir avec un risque d'avoir le Rassemblement national aux portes du pouvoir l'année prochaine (N.D.L.R. : pour les élections présidentielles). Dans un pays qui s'ultra-droitise, on aura besoin d'une sensibilité de gauche qui sera attachée à la justice sociale, à la vie quotidienne des Françaises et des Français ».

Face à la défaite dont il « assume les conséquences », et contre toute attente, Thierry Miguel a annoncé sur le plateau de nos confrères d'ICI Limousin qu'il n'appartiendra pas à l'opposition, donc qu'il ne siégera pas au conseil municipal, sans se retirer de la vie politique, étant vice-président du Département de la Haute-Vienne.

Deux sièges pour le RN

Avec « Limoges en grand », le Rassemblement national affiche le score de 7,92 % des voix contre 12,54 % au premier tour. Un effondrement de 1.850 voix qui peut s'expliquer par le vote utile, avec un report des voix pour « Limoges en Partage » de Guillaume Guérin.

Devant ses soutiens, Albin Freychet a remercié tous ceux qui se sont investis lors de la campagne sur le terrain en rajoutant : « Avoir formé cette liste fut une première victoire, car certains en doutaient. Grâce à vous, la Fédération de la Haute-Vienne du Rassemblement national est une grande fédération. Le Rassemblement national est dorénavant une grande force politique à Limoges, qui était une terre de gauche, qui est toujours une terre de conquête. Demain, la Haute-Vienne sera une terre de victoires ». Le conseil municipal de Limoges comptera deux élus RN (ils en étaient absents depuis 2020), ne faisant finalement pas la percée escomptée.

Composition des 55 sièges du conseil municipal de Limoges : Majorité : 42. Opposition : 11. RN : 2.

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