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Éclats d'Émail : le jazz est là... toujours là !

08h00 - 18 octobre 2020
Éclats d'Émail : le jazz est là... toujours là !
Laurent Coulondre (© Vincent Le Gallic) - ©

Commentdécouvrir tous les jazz ? En se rendant aux concerts et autres rendez-vous proposés par le FestivalÉclats d'Émail du 19 au 29 novembre. Sélection de cinq immanquables avec Jean-Michel Leygonie, le directeur artistique.

Laurent Coulondre

Laurent Coulondre, la nouvelle sensation du piano hexagonal, rend hommage à Michel Petrucciani, avec l'assentiment de la famille de ce dernier. Pour être à la hauteur du 20anniversaire de la disparition de ce géant, il s'entoure de Jeremy Bruyère (basse et contrebasse) et d'André Ceccarelli (batterie) pour faire revivre le répertoire du pianiste aux os de verre, et nous montre - s'il en était besoin - que le jazz est un langage qu'il maîtrise de mains (gauche incluse) de maître.

La semaine dernière, la profession ne s'est pas trompée en accordant une Victoire du Jazz 2020, catégorie artiste instrumental à Laurent Coulondre. L'équipe d'Éclats d'Émail se réjouit de l'accueillir pour un 4concert en leader qui s'annonce... explosif. Pour la petite histoire, il supplée l'absence de la canadienne Kellylee Evans, qui a dû annuler mi-septembre sa venue à cause de la quarantaine sanitaire, obligeant les organisateurs à refaire une partie des documents de communication. « Un remplacement de luxe », lancera Jean-Michel Leygonie (jeudi 19 novembre à 20 h 30 à l'Opéra).

James Carter

La virtuosité de James Carter fait de lui le chef de file d'une génération. Son jeu nomade affirme le droit à une liberté de circulation entre les sons et les époques. « Je ne cherche pas à brouiller les pistes mais je refuse, proclame-t-il, de me laisser enfermer dans une image ». L'impossibilité de classifier un artiste, c'est le secret de sa longévité. Dire que sa technique est phénoménale est un euphémisme. Justesse, précision, vitesse, tout y est. James Carter retrouve en 2011 son Organ Trio qu'il forme avec Gerard Gibbs (orgue) et Alex White (batterie) et avec qui il se produit depuis 2004, donnant un portrait de la scène jazz de Détroit, à la fois ancrée dans ses racines et tournée vers l'avenir.

« James Carter a annulé sa tournée européenne à cause du Covid-19 sauf sa date à... Limoges, où il se produit pour la première fois. Il a même été le premier à répondre pour les petites vidéos diffusées pendant le confinement », raconte le directeur artiste, incapable d'expliquer ce choix si ce n'est le bon retour des artistes entre eux sur la qualité de l'accueil du festival (vendredi 20 novembre à 20 h 30 à l'Opéra).

Jî Drû

Acteur important de la scène jazz française contemporaine, le flûtiste, arrangeur et producteur Jî Drû est un amoureux du son qui s'aventure, avec toute sa finesse, sur les traces d'une musique moderne et épurée où la poésie côtoie la révolte humaniste.

Le leader des formations Jî Mob et Push up ! signe aujourd'hui un premier album sous son nom, « Western », à la fois raffiné, expressif et fantaisiste. Pour ce projet, on retrouve les sons hypnotiques du piano d'Armel Dupas, la voix envoûtante de Sandra Nkaké, les rythmes inventifs de Mathieu Penot, pour accompagner les volutes de flûtes et le chant de Jî Drû. Chaque morceau crée son propre univers, un monde multi-coloré et unique dans lequel nos sensations valsent et virevoltent sous le charme de la flûte de Jî Drû qui creuse un sillon quelque part entre Yusef Lateef, Cinematic Orchestra et Mélanie de Biasio, celui d'un jazz moderne et épuré. Un disque raffiné, qui exprime une sensibilité à fleur de peau à faire succomber les plus endurcis.

Pour Jî Drû, ce western évoque « un genre qui explore les travers de l'âme et du comportement humain ». Un jazz métissé, hybride, à l'écoute à la fois de sonorités actuelles et du groove éternel (jeudi 26 novembre à 20 heures au théâtre de l'Union).

J.P. Bimeni

Descendant de la famille royale du Burundi, J.P. Bimeni a quitté son pays au moment de la guerre civile de 1993. À la suite de trois tentatives d'assassinat à l'école, ses camarades ont été tués devant ses yeux, un membre de la milice l'a poursuivi à moto et les médecins ont tenté de l'empoisonner à l'hôpital. Avoir vécu une vie si tragique donne à ses chansons une résonance toute particulière. À 16 ans, il quitte l'Afrique pour le Pays de Galles. En cette période sombre, la musique lui offre un peu de répit. En 2013, une invitation à rejoindre un spectacle autour d'Otis Redding le met sur la voie sur laquelle il est aujourd'hui. En 2017, les représentants du label Tucxone l'associent au groupe The Black Belts : Rodrigo Diaz Niño (batterie et percussions), Pablo "Bassman" Cano, Fernando Vasco "Two Guns" (guitare), Ricardo Martínez (trompette) et Rafael Díaz (saxophone) (samedi 28 novembre à 20 h 30 à l'Opéra).

Erik Truffaz

En recherche perpétuelle, Erik Truffaz continue ses explorations musicales avec l'album « Lune Rouge » paru en octobre 2019. Pour ce concert, il sera entouré de Benoit Corboz, Marcello Giuliani et Arthur Hnatek, quartet avec lequel il façonne une rêverie musicale lunaire aux accents cosmiques. Aux frontières du jazz, de la pop instrumentale et de la musique électronique, « Lune Rouge » explore de nouveaux territoires sonores où se croisent mélodie et groove. Anecdote : pour cause de coronavirus, il remplace The Amazing Keystone avec un hommage à Ella Fitzgerald, big band qui est programmé en clôture de l'édition 2021 (dimanche 29 novembre à 17 heures à l'Opéra).

Programme complet et billetterie : www.eclatsdemail.com

D'autres temps forts à retrouver dans notre prochaine édition du 27 octobre.

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