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Monsieur papa…

08h00 - 16 juin 2020
Monsieur papa…
Laurent est plus un « papa guide » qu'un papa poule avec Sarah - ©

À quelques jours de la Fête des pères, nous nous sommes penchés sur ces « nouveaux papas », ceux que l'on appelait autrefois les « papas poules ». Témoignages.

S'ils étaient raillés il y a encore quelques décennies, les papas poules ont aujourd'hui conquis leur place dans le couple comme dans la société, suscitant même l'admiration. Père attentionné, père protecteur, père fusionnel... l'attachement à leur(s) enfant(s) ne se raconte pas, il se vit. Quatre d'entre eux ont bien voulu nous faire partager cette relation presque unique.

Franck

Âgé de 42 ans, Franck Marcheix est le papa de deux enfants, dont Daenerys, qui vient de fêter ses 5 ans. Résidant à Saint-Martin-le-Vieux, cet entrepreneur consultant en marketing a dû attendre pour devenir père alors qu'il en avait le profond désir. « Après la naissance de ma fille, j'ai arrêté de travailler pendant les 15 premiers mois. Ma compagne était contente car j'ai pu lui apporter de l'aide au quotidien et la soutenir. Par la suite, je me suis occupé de Daenerys le matin, je la levais, je la changeais, je l'habillais..., relate-t-il. Quand j'ai recommencé à faire des déplacements, ils ont été limités à quatre à cinq jours maximum ».

Qualifié de « papa poule » par son entourage, il rectifie : « Nous avons privilégié une éducation ludique à un apprentissage par la contrainte dans la limite de la socialisation évidemment, afin qu'elle associe plus rapidement et plus facilement. C'est une pédagogie par le jeu avec une parentalité bienveillante. Je trouve cette méthode plus intéressante pour elle comme pour nous. Je préfère que ma fille soit intelligente plutôt que formatée. Je suis un peu exclusif avec elle avec une relation fusionnelle mais je ne suis pas ''intrusif'', je suis vigilant tout en lui laissant prendre des risques ».

Puis Dastann, le petit frère qui a 15 mois, a pointé le bout de son nez, à la plus grande surprise de ses parents : « Je suis moins papa poule avec lui. Sa mère est... une maman poule protectrice, on peut dire qu'il a été exclusif avec elle pendant les six premiers mois ».

Rejetant l'injonction d'un homme qui ne doit vivre que dans les concepts sociologiques et sociétaux de la masculinité, il a trouvé un bon équilibre dans son couple : « On ne se pose pas la question de l'égalité des sexes et des tâches. Ma priorité est d'être heureux dans ma vie... ».

Julien

Quand on voit Julien Parthenay, 35 ans, habitant Séreilhac, et sa fille Tess, haute de 6 printemps, un mot brûle les lèvres : complicité. « Je suis séparé de sa maman depuis quelques mois et nous avons opté pour la garde alternée. Avec ma fille, nous sommes devenus d'autant plus proches. J'ai besoin de m'occuper d'elle, de tout partager avec elle : les tâches ménagères, la cuisine même si je ne suis pas un grand adepte, tondre la pelouse, les loisirs, le shopping... Je suis toujours inquiet pour elle, je la protège de tout, si bien que dans mon entourage, on me dit que je la couve trop. Je suis toujours sur son dos pour ''prévoir le coup d'avance''. Quand ce n'est pas ma semaine, on s'appelle... Je cède beaucoup mais je peux me fâcher quand elle devient capricieuse ou quand elle joue de certaines situations ».

Dans cette relation intense, que Julien décrit comme un « duo, on mène presque une vie de couple », le futur semble déjà établi : « Bien sûr, j'appréhende quand elle va grandir et sortir avec les copains, les copines... Je pense que c'est moi qui vais le plus souffrir. Si j'ai une nouvelle compagne, ma fille sera toujours prioritaire. Ce sera à prendre ou à laisser et je ne ferais aucune concession ».

Laurent

Laurent Latour a en garde alternée Sarah, 14 ans, ayant déménagé d'Isle à Limoges pour davantage de flexibilité. Professeur, il a depuis la séparation avec sa compagne au métier plus prenant, pu davantage disposer de son temps pour s'occuper de sa fille. « Nous faisons tout ensemble : du sport (c'est elle qui m'a appris à faire des rollers), aller au cinéma, partir en vacances, la cuisine... Elle est également très complice avec sa maman. Il fut un temps où elle me collait beaucoup, où nous étions scotchés. Adolescente, elle s'émancipe : elle a ses copains, son téléphone, ses réseaux sociaux... Je pourrais contrôler mais je ne l'ai jamais fait. Nous avons une relation de confiance. L'adolescence est une période merveilleuse, je souhaite qu'elle profite de ses copains, de ses années collège... Parfois, elle aimerait rester avec moi plutôt que sortir avec ses amis... On est relié par un cordon très ''extensible'' (rires). Puis, elle aura sa vie de jeune adulte, elle volera de ses propres ailes et je serais toujours son papa. En fait, j'essaie de l'accompagner. Plus qu'un papa poule, je suis un ''papa guide'' », avoue-t-il.

Nicolas

Divorcé depuis 12 ans, Nicolas Marcheix a obtenu la garde alternée de ses trois enfants : Léa, Thomas et Téa, âgés actuellement respectivement de 25, 23 et 15 ans, ce qui n'était que peu demandé, le juge s'étonnant même : « Vous êtes sûr de votre décision ? ».

« Quand j'étais encore avec leur maman, étant restaurateur, j'étais le ''papa vacances''. Après la séparation, j'ai organisé ma vie et mon quotidien en fonction d'eux. J'ai pris un appartement à 800 mètres de mon ancien domicile à Limoges pour ne pas les dépayser, afin que ce soit plus simple en cas d'oubli d'un vêtement, d'un cahier par exemple. Je voulais partager leur éducation. Dès que j'avais du temps, ce n'était que pour eux. À l'époque Téa avait 3 ans, je me suis beaucoup occupé d'elle. Je ne savais pas tout bien faire, mais j'étais là à 100 % et on s'est construit comme ça », se souvient-il. Avec des journées et des semaines bien remplies alliant travail et famille, les anecdotes ne manquent pas : « Les enfants disaient : ''Papa est toujours en retard''. Quand j'arriverais à la garderie, il était souvent un peu plus de 18 heures. Comme un jeu, je taquinais Téa : ''Tu as gagné, tu es la dernière !''. Il est certain que j'ai galopé et si c'était à refaire, je recommencerais sans hésitation mais je concilierais différemment avec le travail. Finalement, avec le recul, je me dis que j'ai assuré » (rires).

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